La montée des discours xénophobes visant certaines communautés établies au Sénégal inquiète plusieurs organisations de défense des droits humains. Dans un communiqué publié le 18 août 2026, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal appellent l’État à prendre des mesures pour prévenir les violences et les discriminations.
Les trois organisations se disent préoccupées par la multiplication, dans les médias et sur les réseaux sociaux, de propos qu’elles jugent xénophobes à l’encontre de communautés vivant sur le territoire national.
Dans un signé par Mohamed Seck pour la RADDHO, Denis Ndour pour la LSDH et Seydi Gassama pour Amnesty International Sénégal, elles condamnent ces attaques et rappellent à l’État du Sénégal son obligation de protéger toutes les personnes relevant de sa juridiction contre la violence et la discrimination, notamment celles fondées sur la race, l’origine ethnique ou l’origine nationale.
Pour mettre un terme à ces dérives, la RADDHO, la LSDH et Amnesty Sénégal demandent aux autorités de faire appliquer rigoureusement les lois relatives à l’entrée et au séjour des étrangers. Elles plaident également pour une lutte plus efficace contre la fraude à l’état civil, soulignant que ce phénomène ne concerne pas exclusivement les ressortissants étrangers, mais l’ensemble de la population.
Les organisations insistent également sur la nécessité de combattre le trafic de personnes, notamment lorsqu’il est lié à la prostitution ou à l’exploitation par la mendicité. Elles demandent parallèlement que les victimes bénéficient d’une protection et d’un accompagnement adéquats.
Sur la question des personnes en situation irrégulière, les défenseurs des droits humains rappellent que leur situation doit être examinée individuellement, conformément aux normes internationales. Ils demandent, dans ce cadre, l’abandon des mesures d’expulsions collectives.
Les trois organisations mettent enfin en garde contre toute instrumentalisation politique du débat sur la migration. Elles invitent la population à préserver la tradition d’hospitalité qui constitue, selon elles, l’une des valeurs fortes du Sénégal.
RADDHO, LSDH et Amnesty Sénégal soulignent à cet égard les liens historiques, sociaux et culturels qui unissent le Sénégal aux autres pays de la sous-région, estimant que les frontières héritées de la colonisation ne sauraient effacer ces relations.

