Permis Yakaar-Teranga : le Réseau des Sénégalais de la Diaspora réclame toute la lumière sur 33 milliards de FCFA

Le dossier Yakaar-Teranga continue de susciter des interrogations. Le Réseau des Sénégalais de la Diaspora demande aux autorités de faire toute la lumière sur une somme estimée à 55 millions de dollars, soit près de 33 milliards de FCFA, qui aurait potentiellement pu revenir à l’État du Sénégal. L’organisation réclame notamment la publication des documents ayant encadré les décisions relatives au permis d’exploitation.

Le dossier Yakaar-Teranga s’invite à nouveau dans le débat public. Dans un communiqué publié depuis l’Italie, le Réseau des Sénégalais de la Diaspora interpelle les autorités sur les conditions dans lesquelles certaines décisions auraient été prises autour de ce permis et sur leurs éventuelles conséquences financières pour l’État. Selon le quotidien Le Témoin, l’organisation s’appuie notamment sur des éléments évoqués lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô.

Au cœur des interrogations figure la somme de 55 millions de dollars, soit environ 33 milliards de FCFA. Le réseau souhaite comprendre dans quelles circonstances cette somme aurait pu échapper aux recettes publiques et si cette situation serait liée à une décision administrative, à une erreur, à une mauvaise interprétation des règles ou à un autre facteur.

L’organisation insiste toutefois sur la nécessité de ne pas tirer de conclusions avant l’établissement des faits. Elle ne cherche pas, affirme-t-elle, à désigner des responsables ou à condamner des personnes, mais plutôt à reconstituer précisément la chaîne de décision ayant conduit aux mesures concernant le permis Yakaar-Teranga.

La chaîne de décision passée au crible

Plusieurs questions sont ainsi soulevées : pourquoi le permis aurait-il été repris à ce moment précis ? Quelle autorité aurait pris ou autorisé cette décision ? Quels services administratifs ont participé au processus ? Quels documents juridiques, techniques et financiers ont servi de fondement ?

Le Réseau des Sénégalais de la Diaspora souhaite également que le rôle des différentes autorités concernées soit clarifié, notamment celui de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ancien ministre du Pétrole Birame Souleye Diop. Là encore, l’organisation précise que ces interrogations ne constituent pas une mise en cause préalable des personnes citées.

Elle estime que la lumière doit être faite sur l’ensemble du processus administratif afin de déterminer si les procédures prévues ont été respectées et si l’État aurait pu prétendre à des recettes supplémentaires. Le Témoin rapporte ainsi que le réseau s’interroge notamment sur l’hypothèse selon laquelle quelques mois d’attente auraient pu permettre au Sénégal de réclamer à Kosmos certaines amendes ou pénalités liées aux obligations de développement.

Transparence et reddition des comptes

Pour l’organisation, l’enjeu dépasse les rivalités entre anciens et nouveaux pouvoirs. Dans un contexte économique et financier difficile, toute perte potentielle de recettes publiques mérite, selon elle, d’être documentée et expliquée.

Le réseau rappelle également l’importance de la contribution de la diaspora à l’économie nationale, notamment à travers les transferts d’argent, les investissements et le financement de projets. Il estime dès lors que les Sénégalais vivant au pays comme ceux établis à l’étranger ont le droit d’accéder à une information claire sur la gestion des ressources naturelles.

Dans cette perspective, l’organisation demande la publication des documents relatifs au permis Yakaar-Teranga, aux décisions prises concernant son retrait ou sa reprise, ainsi que des éléments permettant de comprendre les conséquences financières éventuelles pour l’État.

Une enquête parlementaire réclamée

Le Réseau des Sénégalais de la Diaspora va plus loin en demandant l’ouverture d’une enquête parlementaire. Celle-ci devrait, selon l’organisation, permettre d’établir les faits, d’évaluer une éventuelle perte financière pour l’État et de déterminer les responsabilités éventuelles.

Il souhaite également que les organes judiciaires ou de contrôle compétents soient saisis si les investigations font apparaître des éléments nécessitant un examen approfondi.

Le réseau établit par ailleurs un parallèle avec le dossier ASER, autre affaire ayant suscité de nombreuses interrogations dans l’opinion. Pour ses responsables, le Sénégal ne peut se permettre de nouvelles zones d’ombre dans la gestion de ses ressources publiques et naturelles.

L’objectif affiché demeure donc la transparence : établir les faits sur la base des documents disponibles, identifier la chaîne de décision et, le cas échéant, tirer les conséquences qui s’imposent. Selon Le Témoin, le réseau estime que les citoyens sont en droit de connaître les conditions dans lesquelles les ressources du pays sont gérées et que les autorités ayant participé aux décisions publiques doivent pouvoir en rendre compte.

Mamadou Nancy Fall
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