Après plusieurs mois de bataille judiciaire autour de l’affaire du Prodac, l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a obtenu ce mercredi 24 juin une liberté provisoire sous surveillance électronique. La décision de la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier marque un nouveau tournant dans une procédure marquée par de nombreux rebondissements entre le juge d’instruction, le parquet financier, la Chambre d’accusation et la Cour suprême.
L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, quitte la prison de Rebeuss après plus d’un mois de détention. La Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné, ce mercredi 24 juin, sa remise en liberté provisoire sous bracelet électronique, accédant ainsi à une requête introduite par ses avocats.
Selon les informations rapportées par Dakaractu et reprises par plusieurs médias, cette décision met provisoirement fin à l’incarcération de l’ancien coordonnateur du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), placé sous mandat de dépôt depuis le 15 mai dernier.
Cette mesure n’est toutefois pas synonyme de liberté totale. La juridiction a décidé de soumettre Pape Malick Ndour à une surveillance électronique stricte. Il devra notamment demeurer dans la région de Dakar et respecter une obligation de résidence entre 21 heures et 6 heures du matin.
Cette décision intervient à l’issue d’un long feuilleton judiciaire qui dure depuis plusieurs mois. Dans le cadre de l’enquête portant sur la gestion du Prodac, l’ancien ministre avait été inculpé en novembre 2025 pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Le dossier porte sur des irrégularités financières présumées évaluées à près de 2,7 milliards de francs CFA.
À l’époque, le juge d’instruction financier avait opté pour un placement sous bracelet électronique plutôt qu’une détention préventive. Une décision qui avait immédiatement suscité l’opposition du parquet financier, lequel réclamait un mandat de dépôt.
Saisie de l’appel du ministère public, la Chambre d’accusation financière avait finalement infirmé l’ordonnance du juge d’instruction et ordonné l’incarcération de Pape Malick Ndour. La défense avait alors porté l’affaire devant la Cour suprême dans l’espoir d’obtenir l’annulation de cette décision.
Le 28 avril dernier, la haute juridiction avait toutefois rejeté le pourvoi introduit par les avocats de l’ancien ministre, validant ainsi son placement sous mandat de dépôt. Cette décision avait conduit à son arrestation à son domicile le 15 mai, avant son transfèrement à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss.
Après cet échec devant la Cour suprême, les conseils de Pape Malick Ndour ont engagé une nouvelle offensive judiciaire en sollicitant directement auprès de la Chambre d’accusation financière la mainlevée du mandat de dépôt.
La juridiction a finalement accédé à cette demande en rétablissant la mesure de surveillance électronique qui lui avait été initialement accordée au début de la procédure. Pour la défense, cette décision constitue une étape importante dans le respect de la présomption d’innocence de leur client.
L’affaire est cependant loin d’être terminée. L’instruction se poursuit au Pool judiciaire financier et les poursuites engagées contre l’ancien ministre demeurent en vigueur. Une autre interrogation subsiste désormais : le parquet financier choisira-t-il de contester cette nouvelle décision de la Chambre d’accusation ? Le ministère public dispose en effet de voies de recours susceptibles de prolonger encore cette procédure judiciaire particulièrement suivie.

