Le bras de fer se poursuit dans la zone de Keur Madiabel autour de la gestion de l’eau. Des populations de 71 villages de Keur Socé et des localités périphériques dénoncent la décision annoncée par le fermier Flex Eau de suspendre l’exploitation de plusieurs mini-forages installés ou réhabilités avec la participation des communautés. Elles redoutent une aggravation des difficultés d’approvisionnement pour près de 20 000 personnes.
La tension monte dans plusieurs villages de la zone de Keur Madiabel autour de la question de l’approvisionnement en eau. Des populations de Keur Socé et de localités environnantes, notamment Daga Samb et Ndioufène, se mobilisent contre la décision annoncée par le fermier Flex Eau de suspendre la fourniture d’eau issue de plusieurs mini-forages.
Selon Sud Quotidien, les populations concernées ont multiplié les mobilisations vendredi 18 septembre 2026 pour dénoncer une mesure qu’elles jugent lourde de conséquences. Au total, 71 villages seraient concernés par cette situation, pour une population estimée à environ 20 000 personnes.
Les habitants redoutent notamment qu’une suspension de l’approvisionnement ne plonge davantage leurs localités dans une situation de pénurie. Ils assimilent cette perspective à une décision susceptible d’aggraver les difficultés qu’ils disent déjà rencontrer depuis plusieurs années dans l’accès à l’eau.
Le différend oppose ainsi deux conceptions de la gestion de la ressource. D’un côté, Flex Eau justifie sa décision, selon les informations rapportées par Sud Quotidien, par la nécessité de sécuriser l’approvisionnement des populations en eau potable. De l’autre, les habitants concernés estiment que les prestations du fermier n’ont pas permis de répondre correctement à leurs besoins.
Les populations continuent notamment de réclamer le départ de Flex Eau. Elles dénoncent plusieurs dysfonctionnements dans la fourniture du liquide précieux depuis que l’entreprise a pris en charge la gestion de l’eau dans leurs villages.
Parmi les difficultés évoquées figurent le coût jugé élevé des branchements, celui du matériel nécessaire aux raccordements à l’intérieur des concessions ainsi que le montant des factures. Mais, au-delà de la question financière, c’est surtout la régularité et la quantité de l’approvisionnement qui cristallisent les critiques.
Dans certains villages, expliquent les populations citées par Sud Quotidien, les robinets peuvent rester plusieurs heures sans laisser couler d’eau. Lorsque l’approvisionnement devient insuffisant, les habitants sont contraints de se tourner vers les puits afin de remplir leurs bidons de 20 litres et de satisfaire les besoins quotidiens des ménages.
Le recours aux puits au cœur du conflit
C’est justement le recours aux puits qui semble être devenu l’un des principaux points de friction entre les communautés et Flex Eau.
Alors que l’ultimatum annoncé devait conduire à l’arrêt de certains mini-forages à partir du vendredi 18 septembre pour Daga Samb et Ndioufène, puis le 5 octobre prochain pour Keur Socé et Kouthièye, aucune opération de fermeture n’avait encore été constatée au moment du reportage.
Les populations restent néanmoins mobilisées et entendent maintenir leur système alternatif d’approvisionnement. Face aux difficultés rencontrées avec le réseau, elles ont entrepris d’améliorer elles-mêmes l’exploitation de certains puits.
Avec leurs propres moyens, notamment grâce à des cotisations collectées au niveau communautaire, elles ont installé des équipements permettant de faciliter la distribution de l’eau. Des appareils de pompage, des réservoirs, des tuyaux et différents accessoires ont ainsi été mobilisés pour permettre le raccordement de plusieurs concessions.
Cette organisation communautaire est devenue, selon les habitants, une réponse aux insuffisances de l’approvisionnement classique. Elle leur permet de disposer d’une source d’eau lorsque le réseau ne répond pas à leurs besoins.
Mais cette nouvelle pratique est au cœur du désaccord avec Flex Eau. Les populations estiment que l’amélioration de leurs propres systèmes d’approvisionnement réduit leur dépendance à l’égard du fermier. Elles considèrent que les tentatives visant à mettre fin à cette solution ne feraient qu’accroître leur vulnérabilité face aux pénuries.
Dans son récit, Sud Quotidien souligne ainsi que le conflit dépasse désormais la seule question de la fermeture de quelques installations. Il porte plus largement sur les conditions d’accès à l’eau, le coût du service, la régularité de la distribution et la place que les communautés doivent occuper dans la gestion de cette ressource essentielle.
Pour l’heure, les populations restent sur leurs gardes et annoncent leur détermination à poursuivre leur mobilisation. Le dossier reste donc ouvert entre les communautés concernées et Flex Eau, sur fond de préoccupations croissantes quant à l’accès à l’eau potable dans cette partie du pays.

