Zones des Niayes : la colère des producteurs éclate, oignons et pommes de terre déversés sur la route

Dans la zone des Niayes, des producteurs maraîchers ont manifesté leur colère en déversant leurs récoltes sur la route, dénonçant une grave mévente de leurs produits. Selon les acteurs de la filière, la concurrence des agro-industries et l’absence de contrôle des autorités aggravent une situation déjà jugée critique pour les petits exploitants.

Une scène rare s’est produite dans la zone des Niayes, principal bassin maraîcher du Sénégal. Des producteurs, à bout de souffle face à l’impossibilité d’écouler leurs récoltes, ont déversé sur la route des sacs d’oignons, de pommes de terre et d’autres produits agricoles pour exprimer leur désarroi.

Selon les informations rapportées par le quotidien Tribune, les agriculteurs évoquent une crise profonde de commercialisation qui met en péril leurs activités. Beaucoup disent se sentir abandonnés, incapables de vendre leurs productions alors même que la campagne agricole a mobilisé d’importants investissements.

Aly Ndiaye, président chargé de la communication de l’Interprofession oignon du Sénégal (IPOS), explique que la situation résulte notamment de la concurrence croissante des agro-business installés dans certaines zones agricoles. Ces grandes exploitations produiraient les mêmes cultures avec des rendements plus élevés et écouleraient leurs marchandises à des prix plus bas.

Selon lui, les commerçants privilégient désormais ces grandes structures au détriment des petits producteurs, aggravant la saturation du marché local. Toujours d’après Tribune, une réunion tenue le 15 février à l’Agence de régulation des marchés (ARM) avait débouché sur une note adressée aux autorités pour suspendre temporairement la vente des agro-industries afin de protéger les producteurs locaux.

Cette note, signée seulement le 28 février, serait intervenue tardivement, alimentant le sentiment de frustration au sein des exploitants agricoles. Aly Ndiaye dénonce également l’absence de contrôle sur le terrain par la direction du commerce intérieur et les forces de sécurité pour faire appliquer les décisions réglementaires.

Face à ce qu’ils considèrent comme un manque d’accompagnement de l’État, les producteurs disent aujourd’hui être « fatigués » et craindre pour la survie de leurs exploitations familiales. Selon un conseiller technique du directeur général de l’ARM, la destruction volontaire de produits agricoles constitue une première dans la zone des Niayes, illustrant l’ampleur de la crise actuelle.

Mamadou Nancy Fall
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