Invité d’Africa Radio, le président d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a critiqué la guerre menée contre l’Iran et appelé les pays africains à adopter une position plus ferme. Le militant des droits humains dénonce un déséquilibre dans l’ordre international et met en garde contre de graves conséquences économiques et sécuritaires pour l’Afrique.
Le militant des droits humains Alioune Tine a vivement critiqué la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, estimant que la réaction des pays africains reste largement insuffisante face à la gravité de la situation.
Invité d’Africa Radio, le président du centre de réflexion Afrikajom Center a déploré le silence de nombreux États africains. Selon lui, seules quelques voix se sont clairement exprimées, citant notamment la position du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.
« Les réactions africaines ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants du continent et la société civile à condamner plus fermement les opérations militaires.
Alioune Tine affirme que plusieurs pays ont été frappés cette année par des bombardements, dont certains en Afrique, évoquant notamment la Somalie et le Nigeria. Pour lui, cette situation révèle une crise profonde du système international.
Il s’est également insurgé contre la doctrine de la « légitime défense préventive » utilisée pour justifier les frappes contre l’Iran. Selon lui, ce concept sert de prétexte pour renforcer le rôle d’Israël comme puissance sécuritaire dominante au Moyen-Orient.
« C’est la loi du Far West à l’échelle internationale. On ne peut pas imposer la démocratie par les bombes et la violence », a-t-il déclaré.
Le défenseur des droits humains s’inquiète aussi des conséquences économiques possibles de cette escalade militaire. Il estime que la hausse des prix du pétrole pourrait fragiliser davantage les économies africaines, déjà vulnérables.
Alioune Tine met également en garde contre des répercussions sécuritaires au Sahel. Selon lui, le conflit pourrait perturber certaines alliances et modifier l’équilibre dans la lutte contre les groupes djihadistes dans la région.
Face à ces enjeux, il appelle les dirigeants africains à adopter une position indépendante sur la scène internationale. « Nos dirigeants doivent se lever et défendre les intérêts et les principes du continent », a-t-il plaidé.

