Pour mieux contrôler les opérations de commercialisation agricole, le gouvernement prévoit de digitaliser progressivement le suivi de la collecte, de renforcer la traçabilité des flux d’arachide et d’intensifier les contrôles sur les axes de transport et aux frontières. Le Premier ministre, Ahmadou Al Amine Lô, a également demandé l’anticipation du budget de la campagne de production 2027-2028 et la mise en place d’un dispositif régulier de suivi des décisions prises.
Une digitalisation progressive dès la campagne 2026-2027
La transformation numérique du dispositif de commercialisation constitue l’un des axes retenus lors du Conseil interministériel du 22 octobre 2026. Le Premier ministre a demandé aux ministres chargés de l’Agriculture, du Commerce et du Numérique d’engager le processus par étapes, en commençant par une phase pilote dès la campagne 2026-2027.
Cette première étape sera limitée à quelques départements et portera sur des fonctions simples : l’enregistrement des points de collecte et des opérateurs, le suivi des volumes collectés et la traçabilité des paiements aux producteurs. Le fonctionnement de la collecte dans les autres zones ne devra toutefois pas dépendre de ce dispositif expérimental.
Une évaluation sera réalisée avant la fin de la campagne afin de mesurer les résultats obtenus et de déterminer les conditions d’une éventuelle extension. À terme, le système pourra intégrer des récépissés d’entreposage électroniques et être interconnecté à la plateforme de suivi des flux de collecte proposée par le ministère chargé du Commerce.
Mieux suivre les mouvements de l’arachide
Le gouvernement entend également renforcer la traçabilité physique des produits. La lettre de voiture sera généralisée à tous les transports d’arachide et servira de document de référence pour suivre les flux entre les points de collecte, les huileries et les exportateurs.
Les contrôles seront renforcés dans les zones de production et sur les axes conduisant aux frontières, en mobilisant les moyens existants des forces de défense et de sécurité. Une coordination avec les autorités des pays limitrophes devra aussi être engagée pour améliorer le contrôle des mouvements transfrontaliers.
Les services régionaux du commerce seront chargés de veiller au respect du prix plancher effectivement payé aux producteurs. Le dispositif devra également prévenir les conflits d’intérêts, notamment lorsque des opérateurs de collecte exercent simultanément une activité de fourniture d’intrants.
Ces mesures visent à améliorer la connaissance des volumes commercialisés, à limiter les risques de contournement du dispositif et à garantir une meilleure transparence des transactions.
Anticiper la prochaine campagne de production
Au-delà de la campagne de commercialisation en cours de préparation, le gouvernement veut éviter que les difficultés de financement se reproduisent lors de la campagne de production suivante.
Le Premier ministre a ainsi demandé l’élaboration, sans délai, du budget prévisionnel de la campagne de production 2027-2028. Cette anticipation doit permettre de préparer suffisamment tôt la sélection des fournisseurs et les commandes d’intrants, tout en évitant que les factures de la prochaine campagne ne pèsent sur le financement de la collecte.
L’assurance agricole devra également être intégrée aux programmes publics d’intrants afin de renforcer la prise en compte des risques auxquels les producteurs sont exposés.
Un suivi régulier des décisions
La mise en œuvre des mesures arrêtées fera l’objet d’un suivi interministériel. Le ministre, Secrétaire général du Gouvernement, devra travailler avec les départements chargés de l’Agriculture, du Commerce et des Finances pour s’assurer de l’exécution des engagements.
Un premier point d’étape devra être présenté avant l’ouverture de la collecte arachidière, puis des comptes rendus réguliers seront transmis au Premier ministre.
À travers ce dispositif, l’exécutif entend renforcer la coordination entre les administrations, suivre l’avancement des mesures et intervenir plus rapidement en cas de blocage. L’enjeu est de faire de la campagne 2026-2027 un exercice mieux préparé, plus transparent et davantage orienté vers la sécurisation des revenus des producteurs et la valorisation des productions nationales.

