À l’issue du Conseil interministériel consacré à la campagne de commercialisation agricole 2026-2027, tenu le 22 octobre 2026, le Premier ministre, Ahmadou Al Amine Lô, a arrêté une série de mesures destinées à mieux organiser la collecte, à renforcer les capacités des producteurs et à prévenir les difficultés rencontrées lors de la précédente campagne. La fixation des conditions opérationnelles par filière, la fonctionnalité des points de collecte et la disponibilité des équipements figurent parmi les priorités.
Des préalables pour une campagne mieux organisée
Le gouvernement entend tirer les enseignements de la campagne de commercialisation 2025-2026 afin d’améliorer le déroulement des opérations à venir. Dans cette perspective, le Premier ministre a demandé au ministre chargé de l’Agriculture, en concertation avec les départements du Commerce et des Finances, de définir les conditions opérationnelles propres à chaque filière avant l’ouverture de la campagne.
Les dates d’ouverture sont déjà fixées au 15 novembre 2026 pour le coton et à la fin du mois de novembre pour l’arachide. L’accord-cadre entre l’État et le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) devra également être finalisé sans délai.
Pour la filière arachidière, la mise en place d’un comité chargé de proposer chaque année un prix de référence constitue une autre mesure importante. Ce mécanisme devra concilier la protection des revenus des producteurs et la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur les marchés d’exportation. Les modalités d’exportation, notamment les périodes, les volumes autorisés et les conditions applicables, devront par ailleurs être arrêtées et rendues publiques dès l’ouverture de la campagne.
Des points de collecte adaptés aux moyens disponibles
Le dispositif de collecte devra également être réorganisé. Le Premier ministre préconise d’ajuster le nombre de points agréés à la production attendue et aux financements disponibles. Il s’agit notamment de passer de l’agrément des opérateurs à celui des points de collecte, selon des modalités définies avec les parties prenantes.
Cette orientation répond aux difficultés relevées lors de la précédente campagne, durant laquelle une grande partie des points agréés n’avait pas été exploitée. L’objectif est de rendre le dispositif plus fonctionnel et de mieux répartir les ressources mobilisées.
Le criblage des graines d’arachide sera, en outre, rendu obligatoire dans les points de collecte et les centres de réception. Cette exigence constituera une condition d’agrément des points et de réception des graines par les huiliers et les exportateurs.
Avant le 15 novembre 2026, les autorités devront dresser un état des lieux des cribles et tarares déjà déployés. Leur entretien sera confié à des artisans locaux spécialisés dans la fabrication de matériel agricole, dans le cadre de contrats financés par les opérateurs de collecte. Des actions d’information de proximité et un renforcement du contrôle métrologique sont également prévus.
Matériel agricole, stockage et recherche
Au-delà de l’organisation de la collecte, le gouvernement veut renforcer les capacités de production et de conservation. Le Premier ministre a ainsi demandé d’accélérer l’opérationnalisation du programme « Allo tracteur » et de renforcer l’acquisition de matériels de récolte et de triage au profit des producteurs.
La poursuite du programme de construction d’infrastructures de stockage frigorifique des produits horticoles figure également parmi les mesures retenues. Le renforcement des moyens d’intervention de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et de l’Institut national de pédologie (INP) complète ce dispositif.
À travers ces décisions, l’exécutif cherche à mieux préparer la campagne 2026-2027, en améliorant l’organisation des opérations, la qualité des produits collectés et les conditions de valorisation de la production nationale.

