Arachide, coton, maïs, riz et horticulture : des mesures spécifiques pour chaque filière

Le Conseil interministériel consacré à la campagne de commercialisation agricole 2026-2027 a débouché sur une série de mesures destinées à améliorer l’écoulement des productions nationales et à renforcer la compétitivité des filières. De la gestion des stocks d’arachide à la relance du coton, en passant par le riz local, le maïs et les produits horticoles, le gouvernement entend apporter des réponses aux difficultés relevées lors de la précédente campagne.

Arachide : mieux valoriser les stocks de la SONACOS

Pour la filière arachidière, l’un des principaux enjeux concerne les stocks de tourteaux détenus par la SONACOS. Le volume disponible, estimé à 70 450 tonnes, dépasse les capacités d’absorption des seuls industriels nationaux.

Le Premier ministre demande ainsi au ministre chargé du Commerce, en concertation avec les départements de l’Agriculture et des Finances ainsi que la SONACOS, de mettre en œuvre une stratégie d’écoulement combinant plusieurs débouchés. Celle-ci prévoit la vente locale aux provendiers et aux meuniers à un prix révisé, conformément à un avenant au protocole d’accord du 25 décembre 2025.

Une partie des stocks pourra également être affectée à l’assistance pastorale décidée par le gouvernement pour la période de soudure 2026, dont les besoins en aliments de bétail sont estimés à 14 706 tonnes. Le renouvellement du protocole relatif à l’achat des huiles de la SONACOS par les commerçants est aussi prévu.

Le protocole entre l’État et les huiliers portant sur l’accompagnement douanier devra être finalisé avant l’ouverture de la campagne. Par ailleurs, la SONACOS est invitée à mieux valoriser son patrimoine foncier, notamment par le recyclage d’actifs, afin de financer le renouvellement de ses anciennes lignes industrielles, de diversifier ses produits finis et de renforcer ses fonds propres par une recapitalisation.

Coton : un objectif de 35 000 tonnes

Pour la filière coton, l’objectif fixé pour la campagne 2026-2027 est de 35 000 tonnes. Le gouvernement entend consolider la dynamique de production et garantir le paiement des producteurs dans un délai de trois jours.

La stratégie de commercialisation devra également favoriser l’association d’acheteurs industriels intervenant comme outgrowers, c’est-à-dire dans le cadre de partenariats avec les producteurs. La valorisation de la graine de coton sera renforcée à travers son intégration au dispositif de commercialisation et son orientation vers les huileries et les provendiers nationaux.

Maïs : consolider les débouchés

Le gouvernement veut poursuivre la dynamique de la filière maïs, portée notamment par le programme « Grenier du maïs » et le protocole conclu avec les provendiers. Le renouvellement de ce protocole est attendu sans délai, autour d’un objectif de 30 000 tonnes, avec un accompagnement bancaire.

Cette orientation vise à consolider les débouchés commerciaux et à améliorer les conditions de financement de la production.

Riz local : écoulement, subventions et compétitivité

Le riz local figure parmi les filières nécessitant des mesures correctives. Au 13 octobre 2026, seuls 13 879 tonnes de riz blanc avaient été enlevées sur un stock disponible de 41 729 tonnes. L’écoulement reste freiné par les difficultés de compétitivité face au riz importé et par le retard de paiement de la subvention due aux riziers.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement prévoit la mise en place d’un mécanisme de péréquation adossé à l’indexation des importations sur les achats de riz local. Les efforts de mise en relation entre riziers et importateurs devront se poursuivre, tandis que la subvention de 50 FCFA par kilogramme sera versée aux riziers pour les quantités déjà enlevées.

L’État entend également faire reconnaître l’interprofession réunissant producteurs, riziers et importateurs, et accompagner la formalisation du Comité interprofessionnel riz du Sénégal (CIRIZ). Un atelier entre le CIRIZ et la Banque Agricole devra être organisé avant l’ouverture de la campagne afin de préparer le financement de la campagne 2027.

La sécurisation des stocks des rizeries par un tiers détenteur est aussi prévue, de même que l’harmonisation des emballages, de la qualité et de la marque du riz local, avec l’appui de l’Association sénégalaise de normalisation. Une stratégie visant à renforcer la compétitivité de la production nationale devra être proposée avant la fin de l’année.

Horticulture, mil et sésame : organiser les marchés

Dans les filières horticoles, le gouvernement prévoit d’arrêter un calendrier de régulation des importations en fonction de la disponibilité réelle de la production nationale. Les autorisations d’importation devront être conditionnées à la justification d’achats de produits locaux. Le fonds de commercialisation de l’oignon et de la pomme de terre devra également être renforcé.

Enfin, l’approche fondée sur des protocoles de commercialisation sera étendue au mil et au sésame, avec des objectifs respectifs de 150 000 tonnes et 50 000 tonnes. Les besoins de financement de ces deux filières devront être évalués et intégrés, avec ceux du riz local et des produits horticoles, au suivi hebdomadaire des financements.

L’ensemble de ces mesures traduit la volonté du gouvernement de mieux organiser les débouchés, de réduire les difficultés d’écoulement et de donner davantage de visibilité aux producteurs et aux opérateurs pour la campagne 2026-2027.

Michel DIEYE

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