Le financement constitue l’un des principaux chantiers retenus par le Premier ministre, Ahmadou Al Amine Lô, lors du Conseil interministériel sur la campagne de commercialisation agricole 2026-2027. Le gouvernement prévoit de boucler le plan de financement de la SONACOS, de sécuriser sa trésorerie de démarrage, de régler les arriérés dus aux fournisseurs d’intrants et de mettre en place des mécanismes de financement adaptés aux différentes filières.
La trésorerie de la SONACOS au cœur des priorités
Pour éviter les ruptures de financement au démarrage de la collecte arachidière, le Premier ministre a demandé au ministre chargé des Finances, en relation avec le Commerce, la SONACOS, la Banque Agricole et le pool bancaire national, de finaliser le plan de financement de la société avant l’ouverture de la campagne.
La trésorerie de démarrage devra également être sécurisée. Les besoins sont estimés à environ un milliard de FCFA par jour durant les trente premiers jours de collecte, en attendant les premiers décaissements des bailleurs. Cette disposition vise à permettre à la SONACOS de démarrer ses achats dans des conditions financières appropriées.
Le gouvernement prévoit par ailleurs le règlement des 44 milliards de FCFA d’arriérés dus aux opérateurs fournisseurs d’intrants. Des attestations officielles de créance devront être délivrées aux opérateurs concernés, sur la base des factures liquidées.
La Société de développement et des fibres textiles (SODEFITEX) est également concernée par ces mesures. L’État devra lui délivrer sans délai une attestation officielle de créance relative à ses arriérés et programmer leur apurement. L’enveloppe de soutien de cinq milliards de FCFA destinée à la filière coton devra, quant à elle, être confirmée avant le 15 novembre 2026.
Un plan de financement pour chaque filière
Au-delà des besoins de la SONACOS, le gouvernement entend disposer, avant l’ouverture de la campagne, d’un plan de financement opérationnel adapté à chaque filière et à chaque débouché. Une priorité sera accordée à l’achat et au paiement des semences, dont dépend la préparation de la prochaine campagne de production.
Le dispositif reposera notamment sur des lettres de domiciliation des règlements après service fait, attestant de l’inscription des crédits et de l’échéancier des décaissements. Ces documents doivent contribuer à sécuriser les concours bancaires accordés aux opérateurs.
Le recours aux récépissés d’entreposage et à la tierce détention est également préconisé pour garantir les crédits destinés à la collecte et au stockage. Les coopératives, les opérateurs et les riziers pourront s’appuyer sur des entrepôts agréés par l’Organe de régulation du système de récépissés d’entreposage (ORSRE).
Autre levier envisagé : une garantie partielle du Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) sur les crédits de collecte accordés aux opérateurs agréés, en remplacement des avances budgétaires. Le paiement des producteurs par mobile money sera également encouragé, pour ceux qui le souhaitent, grâce à leur enrôlement sur la plateforme agro-sylvopastorale du Sénégal.
Un soutien renforcé aux filières agricoles
Les décisions financières concernent aussi la filière coton, pour laquelle le gouvernement entend confirmer l’enveloppe de soutien annoncée et apurer les créances de la SODEFITEX.
En parallèle, les autorités veulent étendre les mécanismes de financement aux autres productions agricoles, notamment le riz local, le mil, le sésame et les produits horticoles. Les besoins de ces filières devront être estimés et intégrés dans un suivi hebdomadaire du financement.
À travers ces mesures, l’exécutif ambitionne de limiter les interruptions de collecte, de renforcer la confiance entre producteurs, opérateurs et banques, et de garantir que les ressources mobilisées profitent effectivement au fonctionnement des filières et à la préparation de la campagne suivante.

