Thiès : Quatre personnes déférées pour prostitution en ligne, drogues, transmission volontaire du VIH et plusieurs autres infractions

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Thiès a frappé un grand coup contre un réseau mêlant prostitution en ligne, consommation de stupéfiants, cyberescroquerie et autres activités illicites. Quatre individus ont été déférés au parquet le 10 juillet 2026 pour une série d’infractions, notamment association de malfaiteurs, actes contre nature, prostitution en ligne, détention et usage de drogues, transmission volontaire du VIH, mise en danger de la vie d’autrui, usurpation d’identité et escroquerie.

Une opération menée à la suite d’un renseignement

L’affaire trouve son origine dans un renseignement reçu le samedi 4 juillet, faisant état de pratiques suspectes dans un studio situé dans le quartier Nguinth, à Thiès. Les policiers de la Sûreté urbaine ont aussitôt mis en place une opération qui a permis d’interpeller quatre suspects.

Au moment de l’intervention, six personnes se trouvaient dans la chambre louée par l’un des mis en cause. Deux d’entre elles ont toutefois réussi à prendre la fuite en sautant depuis le balcon, échappant provisoirement aux forces de l’ordre.

Drogues et accessoires retrouvés sur les lieux

Les perquisitions effectuées dans le studio ont permis la découverte de plusieurs objets et produits compromettants. Les enquêteurs ont notamment saisi un tube de gel lubrifiant entamé, un cornet de chanvre indien, une pipe artisanale fabriquée à partir d’une bouteille de lait pour la consommation de crack, un fourneau à chicha, une canette contenant des résidus de « Sousse » ainsi que plusieurs mégots de cigarettes renfermant des traces de MDMA.

Ces éléments ont conforté les soupçons des policiers quant aux activités qui se déroulaient dans les lieux.

Des aveux au cours des auditions

Après notification de leurs droits, plusieurs suspects sont passés aux aveux.

L’un d’eux a reconnu entretenir des relations sexuelles régulières avec le principal suspect. Ce dernier, après avoir d’abord nié les faits, a finalement confirmé ces déclarations, précisant que plusieurs membres du groupe appartenaient au même réseau.

Selon ses explications, un troisième suspect entretenait une relation avec l’un des deux fugitifs.

Le quatrième individu, quant à lui, est principalement mis en cause pour une activité de prostitution virtuelle et de cyberescroquerie. Les investigations ont révélé qu’il se faisait passer pour une femme sur Instagram avant d’attirer ses victimes sur WhatsApp où il leur proposait des appels vidéo à caractère sexuel contre rémunération. Pour tromper ses correspondants, il diffusait, à l’aide d’un second téléphone, des vidéos de femmes téléchargées sur Internet. Il a reconnu cette pratique frauduleuse tout en contestant les accusations relatives aux actes contre nature.

La question préoccupante de la transmission du VIH

L’enquête a également mis en lumière un aspect particulièrement sensible du dossier.

Le principal suspect a reconnu vivre avec le VIH depuis 2015 et suivre un traitement antirétroviral. Les examens médicaux ordonnés par les enquêteurs ont cependant révélé qu’un second mis en cause était lui aussi séropositif sans en avoir connaissance.

Selon les éléments de l’enquête, ce dernier entretenait des rapports sexuels non protégés avec de nombreux partenaires, aussi bien masculins que féminins, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à une éventuelle propagation du virus.

Les investigations ont également permis d’identifier plusieurs autres personnes gravitant autour du principal suspect et susceptibles d’être impliquées dans les mêmes pratiques.

À l’issue de leur garde à vue, les quatre mis en cause ont été présentés au procureur de la République.

La Police nationale rappelle qu’elle demeure pleinement mobilisée dans la lutte contre toutes les formes de criminalité et invite les citoyens à signaler tout fait suspect via le numéro vert gratuit 800 00 17 00.

Saphiétou Mbengue
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