Réunis à Freetown, en Sierra Leone, les ambassadeurs des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont entamé, le 9 juillet 2026, la quarante-quatrième session du Conseil de médiation et de sécurité (CMS). Cette rencontre stratégique intervient dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires, politiques et humanitaires dans l’espace communautaire.
Durant deux jours, les représentants permanents des États membres examinent plusieurs mémorandums destinés à renforcer les mécanismes régionaux de prévention des conflits, de gouvernance démocratique et de sécurité collective. Les recommandations qui sortiront de cette session alimenteront les travaux du Conseil de médiation et de sécurité au niveau ministériel avant d’être soumises au prochain Sommet des chefs d’État consacré à l’avenir de l’intégration régionale.
En ouvrant les travaux, le Commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité, l’ambassadeur Abdel-Fatau Musah, a dressé un tableau préoccupant de la situation ouest-africaine. Selon lui, la région fait face simultanément au terrorisme, à l’extrémisme violent, à la criminalité transnationale organisée, à l’insécurité maritime, aux crises humanitaires ainsi qu’aux changements anticonstitutionnels de gouvernement.
Face à cette multiplication des menaces, il a plaidé pour un renforcement de la solidarité entre les États membres, une accélération de l’opérationnalisation de la Force en attente de la CEDEAO, une amélioration des systèmes d’alerte précoce ainsi que la mise en place de mécanismes de financement durables afin de préserver la paix, la démocratie et la stabilité régionale.
Présidant la session, l’ambassadeur Julius F. Sandy a rappelé le rôle essentiel du Comité des représentants permanents dans l’examen des orientations stratégiques de la Commission. Il a insisté sur la nécessité de transformer les décisions politiques en actions concrètes susceptibles de renforcer l’intégration régionale.
Les échanges ont notamment porté sur l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans la région, l’activation de la Force en attente, la gestion des crises humanitaires, l’observation électorale, le renforcement du système d’alerte rapide, mais également sur les enjeux émergents liés à la cybersécurité, à la gouvernance numérique et à la coopération régionale.
À l’issue des premières discussions, les délégations ont réaffirmé que la paix, la sécurité, la démocratie et la bonne gouvernance demeurent les principaux piliers de l’intégration ouest-africaine. Elles ont également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités institutionnelles de la CEDEAO afin de répondre de manière plus rapide, coordonnée et efficace aux crises auxquelles la région est confrontée.
Les travaux se poursuivent ce 10 juillet avec l’adoption attendue des recommandations qui seront transmises au Conseil de médiation et de sécurité au niveau ministériel, avant leur examen par les chefs d’État lors du prochain Sommet sur l’avenir de l’intégration régionale.

