Le Gouvernement du Sénégal et la Banque mondiale ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération en procédant, hier mercredi 5 août à Dakar, à la signature de trois accords de financement représentant un montant global d’environ 340 milliards de francs CFA. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, en visite officielle au Sénégal.
Ces nouveaux engagements portent sur le Projet de réponse d’urgence contingente (CERP), doté de 118,32 milliards de FCFA, le deuxième financement additionnel du Projet de connectivité des zones de production agricoles dans le Nord et le Centre du Sénégal (PCZA), d’un montant de 79,64 milliards de FCFA, ainsi que sur un financement complémentaire de 22,75 milliards de FCFA destiné au Projet de développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal (PDEC).
Selon les autorités sénégalaises, ces ressources permettront de renforcer la résilience du pays face aux crises, d’améliorer les infrastructures reliant les territoires aux principaux pôles économiques et de soutenir la création d’emplois dans plusieurs régions.
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a souligné que ces financements s’inscrivent dans les orientations de la Vision Sénégal 2050. Il a indiqué qu’ils traduisent la volonté du Gouvernement d’anticiper davantage les situations d’urgence, de renforcer l’inclusion territoriale et de développer de nouvelles opportunités économiques au profit des populations.
Le Projet de réponse d’urgence contingente permettra notamment à l’État de disposer d’un mécanisme de mobilisation rapide de ressources en cas de catastrophe naturelle, de crise sanitaire ou de choc économique. Il pourra financer des interventions ciblées en faveur des ménages vulnérables à travers le Registre national unique, soutenir les dispositifs de protection sociale, garantir la continuité de certains services essentiels et contribuer à l’approvisionnement en carburant ou en intrants agricoles lorsque les circonstances l’exigeront.
Le financement additionnel accordé au PCZA porte désormais l’investissement global de ce programme à 267,81 milliards de FCFA. Environ 570 000 personnes devraient bénéficier des nouvelles infrastructures prévues. Les investissements concerneront principalement la réalisation de routes et d’équipements communautaires destinés à désenclaver les bassins de production agricole, faciliter l’accès aux marchés, réduire les coûts de transport et améliorer l’accès des populations rurales aux services sociaux de base.
Pour sa part, le financement supplémentaire du Projet de développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal fait passer son enveloppe totale à 48,35 milliards de FCFA. Désormais étendu à la région de Kédougou, le programme ambitionne de valoriser les potentialités agricoles, minières et touristiques de cette zone, tout en favorisant le développement des chaînes de valeur locales et la création d’emplois productifs, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cabo Verde, la Guinée-Bissau et la Gambie, Djibrilla Issa, a estimé que ces financements illustrent une stratégie visant à faire de la résilience, de la connectivité territoriale et du développement économique local des moteurs de transformation durable. Selon lui, ces investissements doivent contribuer à renforcer la confiance des populations, stimuler les activités productives et favoriser une croissance plus inclusive.
La Banque mondiale rappelle enfin que son portefeuille d’engagements en cours et programmés en faveur du Sénégal représente cette année près de 340 milliards de francs CFA, confirmant ainsi l’importance du partenariat entre l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises pour accompagner les priorités de développement du pays.

