Un an après les fortes montées des eaux du fleuve Sénégal, la région de Matam fait face à une situation radicalement différente. En septembre 2026, les niveaux du fleuve sont nettement inférieurs à ceux enregistrés à la même période en 2025, faisant craindre des difficultés pour les cultures et l’élevage dans plusieurs zones du nord du pays.
Le 22 septembre 2025 à 8 heures, le fleuve atteignait 8,26 mètres à Matam, avec des débordements ayant affecté les champs du Dandé Maayo. Un an plus tard, le niveau relevé le 22 septembre 2026 à la même heure n’était plus que de 3,97 mètres, en baisse de trois centimètres en 24 heures.
Selon Sud Quotidien, la baisse est également constatée sur d’autres points de mesure. À Podor, le niveau du fleuve s’établissait à 3,19 mètres, en recul de cinq centimètres, contre 5,17 mètres un an auparavant. À Kidira, la Falémé affichait 2,77 mètres, soit sept centimètres de moins en 24 heures, contre 7,47 mètres à la même période en 2025. À Diama amont, le débit était de 682 m³/s, contre 1 610 m³/s l’année précédente.
Cette faiblesse des niveaux d’eau intervient alors que les précipitations ont été rares et qu’aucune véritable crue n’a été enregistrée. Dans le « jeeri », les cultures de mil, de sorgho et d’arachide souffrent du manque d’eau. Dans le « waalo », l’absence de crue compromet le remplissage des cuvettes et réduit les perspectives de cultures liées à la décrue.
Pour les producteurs, cette situation crée un enchaînement particulièrement préoccupant. Lorsque les cultures du « jeeri » sont affectées par la sécheresse, les terres du « waalo » permettent habituellement de compenser une partie des pertes. Mais l’absence simultanée de pluie, de crue et de décrue réduit fortement cette possibilité.
Sud Quotidien rapporte les inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs du monde rural. À Ogo, un agriculteur explique avoir tenté deux semis sans succès et s’interroge sur les perspectives pour sa famille. Sur la route du Dandé Maayo, un éleveur constate pour sa part la raréfaction de l’herbe et anticipe un recours plus précoce à la transhumance.
À Bokidiawé, une femme pratiquant le maraîchage estime également que la période difficile a déjà commencé. Un technicien agricole appelle, de son côté, à la mise en place immédiate d’un dispositif comprenant notamment des semences à cycle court, des motopompes pour la contre-saison et un plan d’alimentation destiné au bétail.
La faiblesse des stocks de 2025, l’absence de pâturages suffisants et la rareté des résidus agricoles pourraient ainsi accentuer les difficultés des ménages ruraux dans les prochains mois.

