Sécurité alimentaire : plus de 22 % des échantillons de riz analysés à Dakar contaminés par des aflatoxines

Les résultats d’un programme national de surveillance de la sécurité sanitaire des aliments révèlent une présence préoccupante d’aflatoxines dans une partie du riz commercialisé à Dakar. Présentée lors d’un atelier de restitution, l’étude met en évidence un taux de non-conformité de 22,6 % parmi les échantillons analysés dans la capitale, rapporte le quotidien L’As.

Conduite entre mai et juin dans les villes de Dakar, Thiès et Kaolack, cette enquête a porté sur près de 200 échantillons de riz et de miel prélevés dans des restaurants et chez leurs fournisseurs avant d’être analysés par le laboratoire accrédité de l’Institut de technologie alimentaire (ITA).

Selon le président du Codex Alimentarius du Sénégal, le Pr Amadou Diop, trente échantillons présentaient des concentrations d’aflatoxines supérieures aux normes en vigueur. Toutes les non-conformités ont été enregistrées à Dakar, alors qu’aucun dépassement n’a été constaté à Thiès et à Kaolack.

Les marchés Petersen et MLD figurent parmi les zones les plus concernées, où plus de la moitié des prélèvements analysés se sont révélés contaminés. Les produits incriminés concernent principalement du riz local.

Le Pr Diop rappelle que les aflatoxines, produites par des champignons du genre Aspergillus, sont reconnues comme cancérogènes et sont fortement associées au développement du cancer du foie, déjà considéré comme un enjeu majeur de santé publique au Sénégal.

Même si les produits concernés ont probablement déjà été consommés, cette étude permettra d’améliorer la connaissance des risques et d’orienter les futures politiques de contrôle. Les experts recommandent notamment d’étendre la surveillance aux principales zones de production rizicole, comme la vallée du fleuve Sénégal, et de renforcer le plan stratégique national de sécurité sanitaire des aliments.

Présent à l’atelier, le représentant de la FAO, Dr Mamadou Ndiaye, a plaidé pour un engagement politique plus fort en faveur de la sécurité alimentaire. Citant les estimations mondiales, il a rappelé que les maladies d’origine alimentaire provoquent chaque année près de 1,5 million de décès, tout en regrettant que ce secteur bénéficie encore de financements insuffisants.

Il a également invité les populations à adopter des mesures d’hygiène simples — notamment le lavage des mains et des ustensiles de cuisine — qui permettent de prévenir une grande partie des maladies d’origine alimentaire, souligne L’As.

Oumou Khaïry NDIAYE
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