Innovation agricole : le Sénégal mise sur une « Bergerie 4.0 » pilotée par l’intelligence artificielle pour révolutionner l’élevage des ruminants

Le Sénégal pourrait franchir une nouvelle étape dans l’innovation technologique appliquée à l’agriculture et à l’élevage. Une invention destinée à moderniser et à automatiser l’élevage des ruminants fait actuellement l’objet d’une demande de brevet auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).

Dénommée « Système complet automatisé d’élevage de ruminants en milieu urbain et rural assisté par Intelligence Artificielle », cette innovation est portée par Ibrahima Na Diagne, inventeur et promoteur du projet. Selon le communiqué de presse transmis, la demande de brevet vise à protéger l’invention et à favoriser sa valorisation à travers différentes étapes de recherche, de développement, de prototypage puis, à terme, d’industrialisation.

Le concept repose sur une ambition : mettre les technologies numériques au service de l’éleveur. Le dispositif intégré imaginé doit permettre d’automatiser ou de faciliter plusieurs opérations essentielles dans la conduite d’un élevage de ruminants.

Parmi les fonctionnalités envisagées figurent notamment l’alimentation automatisée ou semi-automatisée, la distribution contrôlée des aliments, l’abreuvement automatique, l’organisation rationnelle des espaces d’élevage et le suivi des différentes opérations.

Le système prévoit également la collecte et l’exploitation des données relatives au cheptel ainsi que l’utilisation progressive de l’intelligence artificielle pour assister l’éleveur dans la prise de décision et optimiser la gestion quotidienne de son exploitation.

L’IA pourrait notamment contribuer, dans les développements futurs du prototype, à analyser les données concernant les animaux, à détecter précocement certaines anomalies comportementales ou physiologiques, à optimiser l’alimentation et à améliorer le suivi du cheptel.

Le projet insiste toutefois sur le fait que la technologie n’a pas vocation à remplacer l’éleveur. Elle doit plutôt constituer un outil d’aide à la décision destiné à alléger son travail et à améliorer la gestion de son exploitation.

Selon le communiqué de presse, la « Bergerie 4.0 » a été pensée pour répondre aux réalités locales et pourrait être utilisée aussi bien dans de petites unités d’élevage que dans des exploitations de plus grande taille. Elle ouvre ainsi des perspectives dans les espaces ruraux, périurbains et urbains, notamment pour l’élevage intensif et semi-intensif.

La prochaine étape consistera à développer un prototype fonctionnel. Il devra permettre de tester les mécanismes d’automatisation, d’améliorer les systèmes d’alimentation et d’abreuvement, d’expérimenter les solutions numériques et de développer les fonctionnalités d’intelligence artificielle.

Des essais en conditions réelles sont également prévus afin de mesurer les performances du système, recueillir les données nécessaires à son amélioration et préparer son éventuelle industrialisation.

À plus long terme, le promoteur envisage la création d’un véritable écosystème d’élevage connecté intégrant automatisation, capteurs, collecte de données, analyse intelligente et outils d’aide à la décision. Une approche qui pourrait également trouver des débouchés dans d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.

Michel DIEYE

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