Migration, emploi, mendicité -Jeunesse et enfance : ADHA réclame un Pacte national fondé sur des résultats mesurables

À la veille de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) invite le gouvernement à placer l’enfance et la jeunesse au rang des priorités nationales. Dans un communiqué rendu public le 5 septembre 2026, l’organisation plaide pour la mise en place d’un Pacte national pour la jeunesse et l’enfance, fondé sur des objectifs chiffrés, des financements identifiés et une évaluation régulière.

Selon ADHA, la persistance de la migration irrégulière, du chômage, des difficultés d’insertion professionnelle, de la mendicité, de l’insécurité et des vulnérabilités qui touchent les enfants et les jeunes traduit une même urgence : offrir à cette frange de la population « des perspectives crédibles et durables ». L’organisation estime qu’il ne suffit plus de sensibiliser les jeunes contre le départ irrégulier, sans s’attaquer aux causes profondes qui les poussent à envisager l’émigration.

De la dissuasion à une politique de l’espoir

Pour ADHA, la lutte contre l’émigration irrégulière ne saurait se limiter aux interceptions, au contrôle des frontières ou aux campagnes de sensibilisation. Elle doit également s’appuyer sur la formation, l’emploi, l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat, l’accès au financement et la réduction des inégalités territoriales. L’organisation préconise parallèlement le développement d’une mobilité légale et sûre, ainsi qu’une lutte ferme contre les réseaux de passeurs et l’exploitation des personnes.

Dans le même esprit, ADHA considère que la mendicité et la présence d’enfants dans la rue ne doivent pas être appréhendées uniquement sous l’angle de l’ordre public. Ces phénomènes nécessitent, selon elle, une politique durable de protection de l’enfance, d’éducation, de prise en charge et de réinsertion.

L’organisation identifie ainsi sept priorités pour construire une politique publique cohérente : faire de la formation une véritable passerelle vers l’emploi, fixer des objectifs chiffrés en matière d’insertion, renforcer l’entrepreneuriat des jeunes à travers des financements transparents et évaluables, adopter une politique migratoire globale, renforcer la protection de l’enfance, promouvoir une politique de sécurité fondée sur la prévention et la cohésion sociale, et faire des droits ainsi que de la participation des jeunes un principe transversal de l’action publique.

« Moins de structures, plus de résultats »

Au-delà des annonces, ADHA réclame une évaluation approfondie de l’architecture institutionnelle consacrée à la jeunesse, à l’emploi et à la migration. L’organisation interroge notamment l’efficacité et les résultats des différents dispositifs et structures concernés, citant les fonds fiduciaires, le Conseil national pour l’insertion et l’emploi des jeunes (CNIEJ), les BAOS, la Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière (SNLMI) ou encore la Convention nationale État-Employeurs privés (CNEE) de la Direction de l’Emploi.

Pour l’organisation, ces mécanismes doivent désormais être soumis à des exigences de transparence, de performance, d’évaluation et de reddition de comptes. Elle propose, à cet effet, la création d’un Tableau de bord national de la jeunesse et de l’enfance, accessible au public et régulièrement actualisé. Cet outil permettrait de mesurer les progrès réalisés en matière d’emploi, de formation, d’insertion, d’entrepreneuriat, de migration, de protection de l’enfance et de sécurité.

Chaque engagement gouvernemental devrait ainsi, selon ADHA, être assorti d’un financement clairement identifié, d’un calendrier précis, d’indicateurs de performance et d’un responsable désigné.

Dakar 2026 comme levier pour la jeunesse

L’organisation souhaite également que Dakar 2026 laisse un héritage durable aux jeunes Sénégalais. Elle recommande que cet événement constitue un véritable levier de transformation, notamment à travers les infrastructures, le développement des compétences, la création d’emplois, le volontariat, les équipements et l’ouverture de nouvelles opportunités pour la jeunesse.

Dans sa doléance adressée au Premier ministre, ADHA demande donc l’inscription, dans la prochaine Déclaration de politique générale, d’un Pacte national pour la jeunesse et l’enfance assorti d’objectifs chiffrés, de financements identifiés, d’échéances publiques et d’une évaluation annuelle.

L’organisation résume sa position en appelant à dépasser les promesses pour privilégier des politiques publiques « évaluables » et des résultats « vérifiables ». Pour elle, l’avenir du Sénégal doit désormais être préparé, financé, protégé et mesuré.

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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