» Sa Fitna  » : Le Test De Crédibilité De Notre Démocratie… Par Serigne Habib Ndaw

Faire De  » Sa Fitna Dotou Fi Naané Niéekh » Non Pas Une Formule Politique, Mais Un Engagement Irréversible En Faveur De L ‘État De Droit, Des Libertés Publiques Et De L’égalité De Tous Devant La Loi.

 

Par Serigne Habib Ndaw

 

Il est des paroles qui dépassent les circonstances de leur prononcé pour entrer dans l ‘histoire. La formule  » Sa Fitna Dotou Fi Naané Niéekh «  , prononcé par le Président Bassirou Diomaye Faye, est celles – là . Beaucoup y ont vu une allusion politique. D’autres y ont recherché un destinataire precis. Chacun est libre de son interprétation.

 

Mais la véritable question est ailleurs.

 

L’intérêt de cette formule ne réside pas dans l’identité de celui qui aurait pu être visé. Il réside dans la possibilité d’en faire un principe républicain, une règle de gouvernance et une exigence permanente pour toutes les institutions de la république.

 

C’est le mérite de la brillante contribution de Mr. Babacar Diagne, ancien Directeur Général de la RTS. En proposant de dépasser les personnes pour s’attaquer aux pratiques qui fragilisent la démocratie, il élève le débat à la hauteur des principes. Il rappelle avec justesse que la république ne peut être fondée ni sur des émotions politiques ni sur les rapports de force , mais exclusivement sur la constitution, la loi et les libertés publiques.

 

Si tel est le sens que nous donnons à cette formule, alors elle appartient désormais à tous les sénégalais.

 

La véritable  » fitna  » n’est pas un homme. Elle est l’arbitraire lorsqu’il supplante la loi. Elle est l’abus de pouvoir lorsqu’il prend le pas sur les institutions. Elle est toute décision qui fait naître chez le citoyen le sentiment que ses droits dépendent davantage de la volonté des hommes que de la protection de la loi.

 

La  » fitna  » , c’est lorsqu’un citoyen est privé de ses droits sans base légale clairement établie. C’est lorsqu’un journaliste, un chroniqueur ou un professionnel des médias ne peut exercer librement sa profession. C’est lorsqu’un avocat est intimidé dans l ‘exercice de sa mission. C’est lorsqu’un élu est empêché d’accomplir son mandat. C’est lorsqu’une manifestation pacifique est arbitrairement interdite ou dispersée en dehors des exigences de la loi.

 

Les exemples, hélas, ne manquent pas dans notre histoire récente. Ils ne concernent pas une seule période ni un seul régime. L’arbitraire n’a ni couleur politique ni préférence partisane. Il change parfois de visage, mais produit toujours les mêmes conséquences : l’injustice, la peur , lq défiance envers les institutions et l’affaiblissement de la démocratie.

 

C’est précisément pour cette raison que le véritable changement ne consiste pas simplement à remplacer des dirigeants par d’autres. Il consiste à remplacer durablement certaines pratiques par une culture de l’Etat de droit.

Le peuple Sénégalais n’a pas seulement voté pour une alternance. Il a exprimé l’espoir d’une gouvernance différente, fondée sur la justice, l’équité, la transparence et le respect scrupuleux des libertés publiques.

 

Une démocratie mâture ne demande pas aux citoyens de faire confiance aux hommes. Elles leur garantit qu’ils peuvent faire confiance aux institutions.

 

Demain, la grandeur du Sénégal ne sera pas uniquement mesurée à ses performances économiques ou à ses infrastructures. Elle sera jugée à la manière dont chaque citoyen sera traité, quelles que soient ses opinions, son appartenance politique, sa position sociale ou ses responsabilités.

 

Car la République n’a ni amis ni adversaires. Elle n’a que des citoyens égaux devant la loi.

 

La force d’un pouvoir démocratique ne réside pas dans sa capacité à vaincre ses opposants. Elle réside dans sa capacité à renoncer, une fois au pouvoir, aux méthodes qu’il dénonçait lorsqu’il était dans l’opposition.  C’est là le véritable critère de crédibilité d’une alternance.

 

L’histoire est exigeante. Elle retient moins les discours que les actes. Elle oublie les promesses qui ne sont pas tenues, mais elle honore les dirigeants qui savent soumettre leur propre pouvoir aux règles qu’ils imposent à tous.

 

Si  » Sa fitna dotou fi naané niéekh  » devient demain une garantie absolue contre toute forme d’arbitraire, si chaque sénégalais est assuré que ses droits seront protégés par une justice impartiale, des institutions indépendantes et une administration respectueuse de la loi, alors cette phrase ne sera plus seulement celle d’un président . Elle deviendra le serment de toute la république.

 

C’est à ce prix que renaîtra durablement la confiance entre les citoyens et les institutions. C’est à ce prix que l’état de droit s’enracinera. Et c’est à prix que l’histoire retiendra que le Sénégal n’a pas seulement connu une alternance politique, mais qu’il a accompli la plus difficile et la plus noble des révolutions : celle de la gouvernance, de la justice et de la fidélité aux principes républicains .

 

Monsieur

Serigne Habib Ndaw

Patriote Octogénaire Engagé

Au Service De La Nation.

Mail. ndaw.habib45@gmail.com

 

Dakar, Le 28 Juillet 2026

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