L’ouverture de certaines fonctions publiques aux appels à candidatures continue d’alimenter le débat sur la gouvernance au Sénégal. Papa Ibrahima Senghor, membre fondateur de Kiiraay, y voit un changement majeur dans la manière de gérer l’État et estime que le président Bassirou Diomaye Faye est en train de tourner la page du modèle du « Parti-État ».
Dans une publication sur sa page Facebook, reprise par Vox Populi, Papa Ibrahima Senghor développe une réflexion intitulée : « Appels à candidatures et méritocratie : le Président Bassirou Diomaye Faye tourne la page du “Parti-État” ».
Pour lui, l’ouverture des candidatures à des fonctions stratégiques traduit une évolution importante dans la conception du pouvoir public. Il rappelle que l’appel à candidatures figurait parmi les engagements du candidat Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024.
La mise en œuvre de cette orientation pour des postes comme ceux de la Caisse des Dépôts et Consignations ou de l’Autorité de régulation des communications et des postes constituerait, selon lui, le signe d’une nouvelle culture administrative.
« Une élection donne le pouvoir politique. Elle ne donne pas la propriété de l’État », souligne-t-il, dans des propos rapportés par Vox Populi.
Papa Ibrahima Senghor considère ainsi que l’administration ne doit pas devenir le prolongement d’un parti politique et que les fonctions publiques ne doivent pas être considérées comme des récompenses accordées en fonction de la fidélité politique.
Selon lui, l’ouverture à la compétence, à l’expérience et aux parcours professionnels constitue une évolution vers une conception plus républicaine de l’État.
« En ouvrant certaines fonctions stratégiques à la candidature et en donnant davantage de place aux compétences, aux parcours et à l’expérience, le Président Bassirou Diomaye Faye imprime progressivement une nouvelle direction à la gouvernance publique », estime-t-il.
Cette démarche devrait, à ses yeux, permettre à l’État de mobiliser l’ensemble des compétences disponibles dans le pays, indépendamment des appartenances politiques.
Le membre fondateur de Kiiraay cite notamment les profils issus de la haute administration, du droit, de la finance et du secteur privé. Il estime que leur expertise peut contribuer à améliorer l’efficacité de l’action publique.
« Un État moderne doit savoir identifier, attirer et responsabiliser ses meilleurs talents », affirme-t-il, selon Vox Populi.
Pour Papa Ibrahima Senghor, cette politique dépasse largement la question des seules nominations. Elle envoie, selon lui, un message aux jeunes Sénégalais en leur montrant que le mérite, le travail et les compétences peuvent constituer des voies d’accès aux responsabilités publiques.
Il considère également que cette évolution donne un contenu concret à l’alternance politique. « Une alternance politique prend tout son sens lorsqu’elle ne change pas seulement les hommes et les femmes qui gouvernent, mais également la manière dont l’État considère celles et ceux qui le servent », estime-t-il.
Sa conclusion est sans ambiguïté : « Une chose est de conquérir l’État au nom d’un parti. Une autre est de gouverner l’État au nom de la République. »
Pour le responsable de Kiiraay, la méritocratie ne doit donc pas être réduite à une simple procédure de recrutement. Elle doit devenir, selon lui, une nouvelle manière de servir la République.

