La Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô continue de susciter des réactions politiques. Dans un communiqué daté du 14 septembre 2026, la Confédération pour la démocratie et le socialisme (CDS) estime que les difficultés économiques et financières décrites par le chef du gouvernement constituent un « aveu d’échec » de la politique menée depuis l’arrivée au pouvoir de Pastef.
La coalition de formations de gauche revient notamment sur le discours prononcé le 8 septembre par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. Selon la CDS, les constats dressés par Ahmadou Al Aminou Lô sur la situation du pays viennent confirmer ses propres critiques du régime.
Dans son communiqué, la CDS considère que l’évocation d’une situation économique et financière catastrophique constitue de fait un constat d’échec de la politique conduite depuis deux ans sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye et avec Ousmane Sonko à la tête du gouvernement jusqu’en mai 2026.
La formation politique revient notamment sur la métaphore du « quatrième sous-sol » utilisée précédemment par Ousmane Sonko et sur l’expression du Premier ministre selon laquelle le Sénégal serait désormais au « cinquième sous-sol ».
La CDS cite également les propos d’Ahmadou Al Aminou Lô : « Notre signature ne vaut plus rien sur les marchés » et « Nous sommes sous ajustement structurel ». Pour la coalition, ces déclarations constituent un aveu particulièrement important.
Elle estime que les difficultés évoquées par le Premier ministre — croissance hors hydrocarbures limitée, faiblesse des recettes fiscales, déficit budgétaire et niveau préoccupant de la dette — rendent incertaine la réalisation de l’ensemble des engagements annoncés dans la DPG.
Dans son communiqué, la CDS s’interroge dès lors sur la capacité du gouvernement à financer et à exécuter ses nouvelles promesses portant notamment sur le coût de la vie, la protection sociale, l’énergie, le logement, l’emploi, l’éducation et la santé.
Selon la coalition, le véritable problème n’est plus celui des annonces, mais celui de « la crédibilité, du financement et de l’exécution des engagements ».
La CDS critique également le maintien du « cap de la rupture », estimant que celui-ci ne saurait être présenté comme une solution alors que le gouvernement reconnaît lui-même l’ampleur des difficultés économiques.
La coalition de gauche s’en prend par ailleurs aux dernières nominations à la tête des entreprises et agences publiques. Elle s’interroge sur la compatibilité entre ces nominations et la volonté affichée de réduire le train de vie de l’État.
Pour la CDS, l’effort de redressement doit commencer par l’exemplarité de l’État, la rationalisation des dépenses publiques et la réduction des dépenses jugées improductives.
Le communiqué évoque également plusieurs dossiers financiers présentés comme des « scandales » révélés au public, citant notamment l’ASER, Cosmos Energy, DP World et les fonds politiques.
La CDS appelle ainsi à une mobilisation citoyenne contre les politiques qu’elle considère comme aggravant les difficultés sociales et économiques. Elle plaide pour une transformation plus profonde des politiques publiques.
Dans cette perspective, la coalition défend une alternative fondée sur la justice sociale, la souveraineté économique, la redistribution des richesses, la protection des travailleurs et une gestion rigoureuse des ressources publiques.
La CDS conclut, selon son communiqué, par un appel à l’unité et à l’organisation des forces sociales et politiques progressistes pour construire une alternative qu’elle veut « crédible, populaire et véritablement porteuse d’une nouvelle orientation pour le Sénégal ».

