Garde à vue de Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba : l’ADHA appelle à une justice impartiale

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau après l’interpellation de Mandoumbé Diop, alias « Lamignou Darou », d’Oustaz Thiep et de Ndiaye Touba par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Sans cautionner les propos tenus dans la vidéo à l’origine de leur garde à vue, l’organisation appelle néanmoins au strict respect des principes de l’État de droit et des garanties prévues par la législation sénégalaise.

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a réagi à l’interpellation de Mandoumbé Diop, plus connu sous le nom de « Lamignou Darou », ainsi que d’Oustaz Thiep et de Ndiaye Touba, placés en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Selon le communiqué rendu public par l’ADHA, cette réaction ne vise pas à défendre les propos tenus dans la vidéo à l’origine de cette procédure, mais à rappeler les exigences qui encadrent toute action judiciaire dans un État de droit.

L’organisation de défense des droits humains précise d’emblée qu’elle ne cautionne ni le contenu ni le ton de la vidéo incriminée. Toutefois, elle estime que si cette séquence constitue le seul fondement des poursuites engagées, il appartient aux autorités judiciaires de préciser avec clarté la qualification pénale retenue et de démontrer que les mesures prises répondent aux principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité qui gouvernent toute restriction à la liberté d’expression.

D’après l’ADHA, la garde à vue demeure une mesure privative de liberté strictement encadrée par le Code de procédure pénale. À ce titre, l’organisation insiste sur le respect scrupuleux des délais légaux et rappelle que toute prolongation éventuelle doit être dûment motivée conformément aux dispositions prévues par la loi.

L’association estime également qu’au regard des éléments rendus publics jusqu’à présent, aucune information objective ne permet encore d’établir de manière suffisamment caractérisée l’existence d’une infraction justifiant le maintien des trois personnes en garde à vue. Dans ces conditions, elle considère qu’une telle mesure pourrait apparaître disproportionnée.

Pour cette raison, l’ADHA appelle les autorités judiciaires à envisager la remise en liberté de Mandoumbé Diop, d’Oustaz Thiep et de Ndiaye Touba, tout en laissant l’enquête suivre son cours normal. L’organisation insiste toutefois sur le fait que cette position s’inscrit exclusivement dans le respect des principes fondamentaux de l’État de droit et ne préjuge en rien de l’issue de la procédure judiciaire.

Comme le souligne encore l’ADHA, cette affaire offre également l’occasion de rappeler un principe fondamental consacré par la Constitution : l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Selon l’organisation, les infractions portant atteinte à l’honneur des personnes ou au respect des institutions de la République doivent être poursuivies avec la même rigueur, quels que soient le statut, la fonction ou l’appartenance politique de leurs auteurs.

Pour le Bureau exécutif de l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié, la crédibilité de la justice ne se mesure pas au nombre d’interpellations opérées, mais bien à son impartialité, au respect des libertés fondamentales et à l’application équitable de la loi envers tous les citoyens.

En réaffirmant ces principes, l’organisation dit vouloir contribuer au renforcement de l’État de droit et à la consolidation de la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires, tout en veillant au respect des droits garantis par les textes nationaux et les engagements internationaux du Sénégal.

Michel DIEYE

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