Retraités : pourquoi faut-il mendier ce qui est un droit ? Par Oumar Amadou Wane Mboumba

Des agents de l’Etat servent l’État pendant trente ou quarante ans. Ils travaillent, cotisent, respectent leurs obligations et partent à la retraite avec la certitude légitime de percevoir leur pension.

Puis commence le calvaire.

Des mois d’attente. Pire encore, ils sont contraints de courir derrière des documents administratifs:  acte de radiation, certificat administratif, rappels et autres pièces, comme s’ils devaient encore prouver leur existence ou leur carrière. Pourtant, l’État connaît leur identité, leur parcours, leurs années de service, leur salaire et leurs cotisations. Pendant toute leur vie professionnelle, ils ont été payés régulièrement sans avoir à fournir sans cesse les mêmes justificatifs.

Comment peut-on demander à quelqu’un qui a passé toute sa carrière dans la fonction publique de prouver encore et encore qu’il a effectivement travaillé ?

L’administration dispose de son matricule, de son historique de carrière, de ses bulletins de salaire, de ses cotisations et de sa date de départ à la retraite. Tout est dans les fichiers de l’État. Tout est connu.

Alors pourquoi ce déluge de formalités ?

La vérité est simple : ce n’est pas un problème de documents. C’est un problème d’organisation, de responsabilité et de considération.

Une pension n’est ni une faveur, ni une aide sociale, ni une récompense accordée au bon vouloir d’une administration. C’est un droit. Un droit financé par des années de cotisations et de travail.

Qu’un retraité puisse attendre six, huit ou dix mois avant de percevoir sa première pension est un échec administratif. Qu’il soit obligé de multiplier les démarches pour obtenir son rappel est une anomalie. Qu’il doive vivre sans revenu pendant cette période est inacceptable

Les syndicats ont passé trop de temps à se battre pour les actifs et pas assez pour ceux qui ont déjà servi. Il est temps d’exiger que la liquidation des pensions et le paiement des rappels deviennent automatiques, avec des délais garantis et opposables. Le véritable scandale n’est pas qu’un retraité réclame sa pension. Le scandale, c’est qu’il soit obligé de la réclamer.

Après avoir servi l’État pendant toute une vie, aucun retraité ne devrait passer sa retraite dans les couloirs de l’administration ou aux portes de l’IPRES. La pension doit arriver automatiquement. Pas après six mois.

Les autorités doivent répondre à une question simple : comment un État peut-il payer un fonctionnaire pendant quarante ans et devenir incapable de lui verser sa pension lorsqu’il part à la retraite ?

Chaque mois de retard est une dette morale et sociale envers ceux qui ont servi la Nation.

Le respect des retraités ne se proclame pas dans les discours. Il se mesure à la date du premier versement de leur pension.

 

NB: partagez largement 

Oumar Amadou Wane Mboumba

Dieyna SENE
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