Face à la multiplication des propos injurieux et des attaques verbales visant des personnalités publiques et des institutions de la République, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) exprime sa vive préoccupation. L’organisation salue l’autosaisine du procureur de la République dans l’affaire impliquant l’ancien conseiller spécial Abdoul Aziz Diop et appelle à un sursaut collectif en faveur des valeurs républicaines.
Dans un communiqué rendu public, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a dénoncé la recrudescence des discours jugés offensants et des attaques personnelles qui, selon elle, empoisonnent de plus en plus le débat public sénégalais.
L’organisation estime que responsables politiques, parlementaires, membres du gouvernement et hauts représentants de l’État sont régulièrement pris pour cibles à travers les réseaux sociaux, les médias ou certains espaces publics. Une situation qui, selon elle, contribue à installer un climat de tension préjudiciable à la cohésion nationale.
L’ADHA condamne ce qu’elle considère comme une banalisation inquiétante de l’invective et de l’outrance verbale. À ses yeux, ces comportements ne participent pas à l’enrichissement du débat démocratique, mais fragilisent plutôt le vivre-ensemble et les fondements du dialogue républicain.
L’organisation cite notamment les déclarations attribuées à Abdoul Aziz Diop le 13 juin 2026 à l’encontre d’Ousmane Sonko, président du parti Pastef et président de l’Assemblée nationale. Selon l’ADHA, les propos tenus ont dépassé les limites acceptables de la confrontation politique.
Dans son communiqué, l’organisation souligne qu’au-delà de la personne d’Ousmane Sonko, les attaques visant le président de l’Assemblée nationale touchent également l’institution qu’il incarne. Une telle situation, estime-t-elle, porte atteinte à l’autorité et à la crédibilité des institutions républicaines.
L’ADHA a par ailleurs salué la réaction du procureur de la République qui a décidé de s’autosaisir du dossier. Elle encourage la justice à poursuivre avec la même rigueur le traitement de toutes les affaires relatives aux discours de haine, aux injures publiques et aux atteintes aux institutions.
Pour l’organisation de défense des droits humains, une réponse judiciaire appropriée est nécessaire afin de prévenir les récidives et de rappeler le caractère intangible du respect dû aux institutions de la République.
Au-delà de l’aspect judiciaire, l’ADHA estime que cette situation traduit une crise plus profonde des valeurs sociales. Elle regrette l’érosion progressive de références historiques du Sénégal telles que la Téranga, le respect des aînés, le cousinage à plaisanterie et la culture du dialogue.
Face à cette évolution, l’organisation lance un appel aux autorités religieuses, coutumières, aux acteurs politiques, aux médias et à la société civile afin qu’ils contribuent à restaurer un climat de respect, de tolérance et de responsabilité dans l’espace public.

