L’intolérance qui s’installe sur les réseaux sociaux agit comme un 𝐫𝐞́𝐝𝐮𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝’𝐡𝐨𝐫𝐢𝐳𝐨𝐧 : là où le débat devrait ouvrir des perspectives, elle impose des positions rigides, des jugements instantanés et des 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 .
Cette intolérance ne crée pas seulement du bruit : elle 𝐫𝐞́𝐭𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥’𝐞𝐬𝐩𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 , jusqu’à rendre impossible toute conversation constructive. Elle agit comme un 𝐫𝐞́𝐝𝐮𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝’𝐡𝐨𝐫𝐢𝐳𝐨𝐧.
Là où le débat devrait ouvrir des perspectives, l’intolérance impose des 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐢𝐠𝐢𝐝𝐞𝐬, des jugements instantanés, des 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬. On ne discute plus : on se défend.
On ne cherche plus à comprendre : on cherche à vaincre. Et dans cet environnement, 𝐥𝐚 𝐧𝐮𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞, la complexité est rejetée, et 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐞́𝐜𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧.
Ce phénomène produit un effet silencieux mais redoutable : 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐱 𝐦𝐨𝐝𝐞́𝐫𝐞́𝐞𝐬 𝐬𝐞 𝐭𝐚𝐢𝐬𝐞𝐧𝐭, 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭𝐬 𝐬𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐢𝐫𝐞𝐧𝐭, 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐩𝐫𝐮𝐝𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐧’𝐨𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫. L’espace public numérique se retrouve alors occupé par les plus bruyants, pas les plus pertinents.
Peu à peu, 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐚𝐥𝐥𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐜𝐞𝐧𝐬𝐮𝐫𝐞 qui appauvrit la réflexion collective et réduit dangereusement notre capacité à débattre sereinement.
Ce n’est pas seulement un problème de communication : c’est 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞. Une société où l’on n’ose plus parler est une société où l’on n’ose plus 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞𝐫 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭. Et lorsque la pensée se rétrécit, la décision collective se fragilise.
Face à cela, il devient essentiel de réhabiliter la 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞, l’écoute, la contradiction constructive et la responsabilité citoyenne. C’est à ce prix que nous pourrons préserver un espace public ouvert, apaisé et capable de produire du sens.

