Le recrutement annoncé de 2 527 enseignants pour l’année 2026 continue de susciter la controverse. À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, le G7, regroupant les principales organisations syndicales de l’éducation, exprime sa « profonde indignation » face à une décision qu’il juge prise sans concertation préalable avec les représentants des travailleurs du secteur.
Dans son texte liminaire à une conférence de presse tenue le 17 août 2026 à Dakar, le G7 affirme avoir appris, comme l’ensemble des Sénégalais, à travers les réseaux sociaux, la décision du gouvernement de procéder à ce recrutement spécial.
Pour les syndicats, le caractère exceptionnel de ce type de recrutement tend progressivement à disparaître. Ils rappellent que 5 000 enseignants avaient été recrutés en 2022, 2 000 en 2024 et que 2 527 nouveaux recrutements sont annoncés pour 2026.
Cette répétition suscite, selon le G7, des interrogations sur la planification des besoins en personnel enseignant et sur la politique de recrutement mise en œuvre par les autorités.
Les organisations syndicales estiment surtout que ces recrutements effectués en dehors du circuit normal ne garantissent ni la transparence des procédures ni l’égalité des chances entre les candidats. Elles redoutent également une déprofessionnalisation progressive du métier d’enseignant.
Le G7 rappelle par ailleurs les difficultés rencontrées par les syndicats pour obtenir la formation professionnelle et l’intégration dans la fonction publique des enseignants recrutés dans le cadre de précédentes opérations spéciales.
Dans son argumentaire, le collectif syndical cite notamment les politiques de recrutement qualifiées par le passé d’« ailes de dinde », de « quota sécuritaire », ainsi que le recours aux volontaires et vacataires de l’éducation, qu’il considère comme faisant partie des facteurs ayant contribué aux difficultés actuelles du système éducatif.
Le G7 rappelle également que le gouvernement avait annoncé que le recrutement spécial de 2024 serait le dernier. L’annonce d’une nouvelle opération en 2026 est donc perçue comme une remise en cause de cet engagement et comme un facteur supplémentaire de fragilisation de la confiance entre les autorités et les acteurs de l’éducation.
Les syndicats reconnaissent néanmoins la nécessité de résorber le déficit en personnel enseignant. Mais ils refusent que cet impératif serve de justification au recours à des procédures dérogatoires.
Le G7 demande ainsi au gouvernement de revenir à « l’orthodoxie » en matière de recrutement et exige que les futurs recrutements soient organisés par voie de concours. L’objectif affiché est de garantir la qualité des enseignants recrutés, la transparence des procédures et l’égalité des chances entre les candidats.
Le collectif appelle enfin les acteurs de l’école, les organisations syndicales, la société civile et les citoyens à se mobiliser pour la défense d’une école publique équitable, performante et de qualité.

