Le Syndicat des Inspecteurs et Contrôleurs du Travail et de la Sécurité sociale (SICTRASS) entend mettre fin à ce qu’il considère comme une présentation « déformée » des projets de nouveau Code du travail et de Code de la sécurité sociale. Dans une mise au point rendue publique le 15 août à Dakar, l’organisation syndicale appelle les acteurs du monde du travail à apprécier les textes sur la base de leur contenu réel.
Le SICTRASS estime qu’une « entreprise de manipulation » cherche actuellement à présenter les deux projets comme des instruments de régression sociale, alors qu’ils comporteraient, selon lui, plusieurs avancées en matière de protection des travailleurs.
L’organisation revient notamment sur l’article 100 relatif à la durée du contrat à durée déterminée (CDD), qui a suscité de nombreuses réactions. Selon le syndicat, cette disposition a été amendée le 12 août 2026 en Commission des lois, avec un retour à l’économie des articles L.42 et L.44 du Code du travail de 1997.
Au-delà de cette disposition controversée, le SICTRASS met en avant plusieurs innovations contenues dans le projet de nouveau Code du travail. Il cite notamment le renforcement de la protection contre la violence et le harcèlement, le passage du congé de maternité à 18 semaines et une meilleure protection des travailleuses durant la période d’allaitement.
Le syndicat souligne également l’encadrement du télétravail, l’institution du plan social comme alternative au licenciement pour motif économique, ainsi que le renforcement de la lutte contre le travail dissimulé et les abus liés à la sous-traitance et au travail temporaire.
Le projet prévoit aussi, selon le SICTRASS, un meilleur encadrement du licenciement et du droit disciplinaire, une protection accrue des travailleurs en chômage technique et une réglementation plus précise du placement des travailleurs sénégalais à l’étranger et de l’emploi des travailleurs étrangers au Sénégal.
La sécurité et la santé au travail devraient également être modernisées, tandis que les pouvoirs de contrôle et de sanction de l’Inspection du Travail et de la Sécurité sociale seraient renforcés.
Pour le SICTRASS, ces différentes dispositions démontrent que le projet constitue davantage une évolution du droit du travail qu’une régression sociale.
Le syndicat invite dès lors l’ensemble des acteurs à dépasser les « affirmations partielles ou déformées » et à examiner les textes dans leur globalité. À ses yeux, le débat sur ces réformes reste légitime, mais doit reposer sur une lecture rigoureuse des dispositions proposées.

