La proposition de loi annoncée par le député de PASTEF, Amadou Ba, visant à retirer automatiquement le mandat de tout maire qui rejoint une formation politique différente de celle sous laquelle il a été élu, continue de susciter des réactions dans la sphère politique. Cette fois, c’est Coumba Ndoffene Diouf, membre du Comité d’initiative de la jeunesse des Patriotes républicains – Kiiraay, qui est monté au créneau pour remettre en cause la pertinence juridique et démocratique d’une telle réforme.
Selon les informations rapportées par Vox Populi, le jeune responsable politique estime que, si cette proposition peut paraître moralement séduisante, elle soulève de nombreuses interrogations quant à sa conformité avec les principes fondamentaux de la démocratie et de l’État de droit.
Pour Coumba Ndoffene Diouf, le mandat d’un maire ne saurait être considéré comme la propriété exclusive d’un parti politique. Il rappelle que si l’investiture est effectivement accordée par une formation politique, le mandat résulte avant tout du suffrage universel exprimé par les citoyens de la commune. Dès lors, retirer automatiquement ce mandat en raison d’un changement d’appartenance politique reviendrait, selon lui, à priver les électeurs de la décision qu’ils ont librement prise dans les urnes.
Toujours selon Vox Populi, le chargé de mission à la Présidence de la République invoque également la protection des libertés fondamentales. Il considère que la liberté d’opinion, d’association et d’engagement politique constitue un droit garanti dans toute démocratie. À ses yeux, empêcher un élu de quitter un parti sous peine de perdre son mandat pourrait être interprété comme une restriction injustifiée de ces libertés constitutionnelles.
L’un des principaux arguments développés par le responsable de Kiiraay porte sur la responsabilité politique des élus devant les citoyens. À son avis, le véritable enjeu ne réside pas dans le changement de parti, mais dans le respect des engagements pris devant les électeurs. Si un maire s’éloigne du programme pour lequel il a été choisi, il appartient aux populations de le sanctionner lors des élections suivantes et non à une disposition législative de mettre automatiquement fin à son mandat.
Selon Vox Populi, Coumba Ndoffene Diouf met également en garde contre les conséquences qu’une telle mesure pourrait avoir sur la démocratie locale. Il estime que des divergences internes à un parti ou des conflits politiques peuvent conduire un élu à défendre ses convictions dans une autre formation. Lui retirer son mandat dans ces circonstances reviendrait, selon lui, à renforcer le pouvoir des appareils politiques au détriment de la souveraineté populaire.
Tout en reconnaissant la nécessité de moraliser la vie publique, le responsable de Kiiraay estime que cette exigence ne doit pas se traduire par une confiscation du choix des électeurs. Il propose que, si un changement de parti devait effectivement entraîner la perte du mandat, une nouvelle élection soit systématiquement organisée afin que les citoyens décident eux-mêmes de renouveler ou non leur confiance à l’élu concerné. Pour lui, conclut Vox Populi, la démocratie repose avant tout sur le verdict des urnes et le respect permanent de la souveraineté populaire.

