Dans une tribune au ton incisif, le docteur en droit et avocat au barreau de Paris Alioune B. Ly s’est élevé contre la vague de démissions enregistrées après le limogeage de Ousmane Sonko. Pour lui, quitter ses fonctions par solidarité politique constitue une erreur morale et stratégique.
Dans ce texte intitulé “On ne démissionne pas d’un pays”, Alioune B. Ly estime que plusieurs responsables nommés à des fonctions publiques ont confondu fidélité à une personne et loyauté envers les institutions.
Selon l’auteur, les Sénégalais qui ont porté au pouvoir le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko n’ont pas voté pour des individus, mais pour “l’idée que les choses pouvaient changer”.
Le juriste considère ainsi que les démissions enregistrées après le départ de l’ancien Premier ministre traduisent une forme de personnalisation du pouvoir incompatible avec l’esprit républicain. “Vous n’avez pas été nommés pour servir un homme. Vous avez été nommés pour servir un pays”, écrit-il.
Dans sa réflexion, Alioune B. Ly soutient qu’il aurait été plus cohérent de rester en poste et d’attendre une éventuelle révocation, afin de continuer à porter le projet politique de l’intérieur.
L’auteur juge également que quitter volontairement ses responsabilités dans un contexte de crise revient à “abandonner ses dossiers” et à se priver des leviers permettant d’influencer les décisions publiques.
Sur le plan politique, il avertit contre “une confusion dangereuse” consistant à ériger la fidélité personnelle en vertu politique. Selon lui, “la seule fidélité qui vaille en démocratie” demeure celle accordée à un projet, à des institutions et au peuple.
À travers cette tribune, Alioune B. Ly appelle les responsables publics à privilégier la continuité de l’État et le sens du devoir plutôt que les réactions émotionnelles.

