À quelques jours de l’élection présidentielle colombienne, Transparency International met en garde contre les risques liés au financement opaque des campagnes politiques. L’organisation souligne les progrès réalisés en matière de transparence, tout en alertant sur la persistance de réseaux criminels et de mécanismes de corruption susceptibles d’influencer la vie démocratique.
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À l’approche du premier tour de l’élection présidentielle prévu le 31 mai en Colombie, Transparency International attire l’attention sur les défis persistants liés au financement des campagnes électorales et à la transparence de la vie politique.
Dans une analyse consacrée au contrôle des financements politiques, l’organisation internationale estime que les dispositifs légaux existants demeurent insuffisants sans mécanismes efficaces de vérification, de contrôle indépendant et de coopération institutionnelle.
Transparency International rappelle que la Constitution colombienne impose aux partis, mouvements et candidats de rendre publics le montant, l’origine et l’utilisation de leurs ressources financières. Toutefois, l’application concrète de ces dispositions se heurte, selon l’organisation, à des limites structurelles et opérationnelles.
Jusqu’en 2010, les rapports de financement des campagnes étaient encore gérés sous format papier, compliquant considérablement le travail de contrôle des autorités électorales. Face à cette situation, l’antenne locale de l’organisation, Transparencia por Colombia, a collaboré avec le Conseil national électoral colombien afin de mettre en place un système de numérisation des données financières des campagnes.
L’organisation explique cependant que la digitalisation ne suffit pas à garantir la transparence. Lors des élections législatives de 2022, seuls 42 % des candidats avaient déclaré leurs revenus et dépenses de campagne le jour du scrutin. Ce taux est monté à 90 % dans les jours suivants, alimentant néanmoins des interrogations sur l’existence éventuelle de financements non déclarés.
Dans le cadre de la présidentielle en cours, Transparencia por Colombia a renforcé son dispositif de veille citoyenne en publiant quotidiennement les déclarations financières des candidats afin de permettre aux électeurs de mieux suivre l’origine des fonds mobilisés.
L’organisation pointe également les limites institutionnelles du Conseil national électoral (CNE), dont les membres sont désignés par les partis politiques représentés au Congrès. Une situation qui, selon elle, fragilise l’indépendance de l’organe chargé du contrôle électoral.
Transparency International évoque par ailleurs le lourd héritage de la « narcopolitique », de la « parapolitique » et du scandale Odebrecht, qui ont profondément marqué la vie politique colombienne durant les quatre dernières décennies. Ces phénomènes ont notamment révélé l’influence des cartels de drogue, des groupes paramilitaires et des financements illicites étrangers dans les campagnes électorales.
L’organisation souligne que la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption politique nécessite non seulement des lois et des organes de régulation, mais aussi une coopération transfrontalière efficace, des cellules de renseignement financier performantes et un véritable cadre d’intégrité publique.
Transparency International met enfin en avant l’adoption, en décembre 2025, de la résolution 11/7 de la Convention des Nations unies contre la corruption, présentée comme l’accord international le plus ambitieux à ce jour en matière de transparence et d’éthique du financement politique.
Pour l’organisation, la Colombie constitue aujourd’hui un test majeur pour la crédibilité des mécanismes de transparence électorale, dans un contexte marqué par des tensions politiques, des inquiétudes sécuritaires et une méfiance persistante envers les institutions démocratiques.

