Migration irrégulière : l’ADHA appelle à un changement urgent de paradigme face à l’inefficacité des réponses actuelles

Suite à l’interpellation de 34 candidats à la migration irrégulière à Mbour, dont un nourrisson, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) tire la sonnette d’alarme. L’organisation appelle à une refonte profonde des politiques publiques pour s’attaquer aux causes structurelles du phénomène.

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a exprimé, dans un communiqué rendu public à Dakar le 25 avril 2026, sa vive inquiétude face à la persistance du phénomène de la migration irrégulière au Sénégal. Cette réaction fait suite à l’interpellation récente de 34 personnes à Mbour, parmi lesquelles figurait un nourrisson, un fait qui illustre, selon l’organisation, la gravité de la situation.

Dans son communiqué, l’ADHA souligne que malgré les multiples initiatives déployées ces dernières années, les réponses apportées restent largement insuffisantes, faute d’une stratégie cohérente, efficace et durable. L’organisation estime qu’il est désormais impératif d’opérer un changement profond de paradigme.

Selon l’ADHA, la migration irrégulière ne peut être réduite à une simple question sécuritaire. Elle constitue avant tout le symptôme d’une crise socio-économique structurelle, marquée notamment par un chômage élevé des jeunes, un manque d’opportunités et une précarité croissante. Autant de facteurs qui poussent de nombreux candidats à l’exil à emprunter des routes périlleuses.

Dans cette optique, l’organisation appelle les autorités à engager des réformes ambitieuses et structurantes. Elle recommande notamment la mise en œuvre de politiques efficaces en matière d’emploi, de formation et d’insertion des jeunes. L’ADHA plaide également pour une réduction du train de vie de l’État, afin de rediriger les ressources vers les priorités sociales.

Par ailleurs, elle insiste sur la nécessité de mettre fin au « saupoudrage » des politiques publiques, jugé inefficace, au profit d’interventions ciblées à fort impact. L’amélioration de la gouvernance publique et la suppression des structures redondantes figurent également parmi les mesures préconisées.

L’ADHA rappelle que toute réponse centrée uniquement sur la répression ou le contrôle des flux migratoires restera insuffisante si elle n’est pas accompagnée de transformations profondes du tissu économique et social.

Réaffirmant son engagement en faveur des droits humains, l’organisation appelle à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs pour élaborer des solutions durables, respectueuses de la dignité humaine.

Signé par son président, Adama Mbengue, le communiqué se veut à la fois un cri d’alerte et une invitation à repenser les politiques publiques face à un défi devenu structurel.

Michel DIEYE

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