Quatre ans après le meurtre de Bassirou Mbaye, muezzin du village de Ndièye, la justice s’apprête à rendre son verdict. À l’issue des débats devant la chambre criminelle de Thiès, le parquet a requis dix ans de réclusion criminelle contre dix des onze accusés.
L’affaire du meurtre de Bassirou Mbaye a connu un tournant décisif devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès. Selon le quotidien EnQuête, le ministère public a requis dix ans de réclusion criminelle contre dix des onze prévenus poursuivis dans ce dossier particulièrement sensible.
Les faits remontent au 4 octobre 2022 à Ndièye, dans la commune de Pire. Bassirou Mbaye, maçon de profession et muezzin engagé dans la construction bénévole d’une mosquée, avait perdu la vie à l’issue d’affrontements liés à un différend autour de l’édification du lieu de culte.
L’enquête a mis en évidence un climat de tensions grandissantes entre la victime et certains responsables religieux ou coutumiers de la localité. Selon les éléments présentés à l’audience et rapportés par EnQuête, une réunion s’était tenue la veille du drame avant qu’un groupe d’habitants ne se rende sur le chantier pour exiger l’arrêt des travaux.
Le parquet soutient que cette intervention a dégénéré en expédition punitive. Des vidéos projetées durant les audiences montreraient plusieurs accusés présents sur les lieux, certains munis d’objets contondants.
Les fils de la victime ont affirmé que leur père avait été attaqué alors qu’il supervisait les travaux de construction de la mosquée. La partie civile réclame pour sa part 150 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Seul l’accusé S.D. Dièye pourrait bénéficier d’un acquittement au bénéfice du doute, le parquet ayant reconnu l’existence d’éléments corroborant son alibi.
Après plusieurs heures de débats, la juridiction a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 6 juillet 2026

