La Chronique De MLD -Question- colle ! Qui gouverne ce pays en proie à d’inextricables difficultés de trésorerie ?
C’est le Président Bassirou Diomaye Faye si l’on reste dans les considérations institutionnelles de ce régime présidentiel en vigueur au Sénégal depuis l’aube des indépendances.
C’est plutôt le tandem Diomaye-Sonko si l’on se fie en revanche à ces faits têtus qui se déroulent sous nos yeux avec un Premier ministre au four et au moulin porté au pinacle par un Pastef plus que jamais offensif à souhait sur les plates-formes virtuelles et sur le champ impitoyable de la castagne politique.
Tout de même, il y a comme une chape de plomb au-dessus des Sénégalais dans un lourd climat marqué par une économie atone et un pays dans le dur. Aujourd’hui, force est de reconnaître que Pastef est à la fois à l’épreuve de ses contradictions internes et de l’État profond.
Faudrait-il le rappeler, cet État profond que les Anglo-Saxons appellent « Deep state », c’est une entité informelle composée de hauts fonctionnaires, militaires, membres des services de renseignements ou intérêts privés qui détiendrait le pouvoir réel en influençant la politique gouvernementale en coulisses.
En somme, un Etat dans un Etat à fond dans le statu quo et la résistance aux changements… Pour corroborer cette grille d’analyse, on se rappelle vaguement les propos de Sonko qui estimait trivialement que la justice dans sa configuration actuelle fait des siennes et reste dans une dynamique de traîner les pieds dans le cadre de cette reddition des comptes qui reste l’un des chevaux de bataille de l’aile dure du parti majoritaire à l’assemblée nationale.
Tout de même, cet Etat-Pastef qui offre peu de lisibilité au citoyen lambda, tangue dangereusement à l’image d’un navire en proie à une forte houle en haute mer. Sa gouvernance est également plombée par l’ampleur de la dette léguée par l’ancien pouvoir mais également par les querelles intestines Diomaye vs Sonko par camps et affidés interposés.
Forcément, la machine économique est grippée surtout dans un contexte de chocs exogènes. Une situation exacerbée par la crise énergétique qui pointe à l’horizon à la faveur du conflit mondialisé opposant l’alliance Etats-Unis/Israël à l’Iran.
Il faut savoir que l’économie fonctionne toujours avec un intrant basique à savoir la confiance des potentiels investisseurs.
Or, cette différence de tempéraments et d’approche qui oppose les deux têtes de pont de l’exécutif est plutôt un mauvais point, une fumée épaisse qui n’apporte aucune plus- value à l’environnement des affaires. Autant dire que le pays est dans l’impasse.
Le pire, c’est que le jeu d’échecs Diomaye/ Sonko continue de plus belle et risque de perdurer du moins jusqu’à la prochaine présidentielle qui est visiblement la mère des batailles.
C’est tout le sens du rapprochement que le Président Diomaye Faye a récemment initié avec ce qui reste du PDS. Tout le monde sait parfaitement que cette histoire d’hommage à Maître Abdoulaye Wade n’est qu’un alibi commode pour faire main basse sur la formation libérale afin d’élargir les bases de la coalition Diomaye.
D’ailleurs, c’est l’une des raisons pour lesquelles, il ne faudrait pas s’étonner d’assister dans les semaines à venir à une jonction coalition Diomaye/ APR dans l’optique des prochaines élections locales, un scrutin- témoin qui permettra d’avoir les idées claires sur les perspectives qui se dessineront avant la présidentielle de 2029.

