À quoi bon promettre la rupture, la réduction du train de vie de l’État et une gestion rigoureuse des deniers publics, si c’est pour reproduire des pratiques que l’on dénonçait hier ? La création ou la multiplication de postes de conseillers spéciaux, occupés notamment par d’anciens ministres, donne le sentiment que le discours de changement cède déjà la place au recyclage politique.
Les Sénégalais n’ont pas porté ce projet pour assister à une redistribution de privilèges. Ils attendaient un État exemplaire, sobre et exclusivement tourné vers l’intérêt général. Chaque poste financé par l’argent public devrait répondre à une nécessité clairement démontrée, et non à des logiques de récompense ou de repositionnement politique.
L’Assemblée nationale ne peut devenir un espace de reclassement pour d’anciens responsables. Sa mission est de représenter le peuple, de voter les lois et de contrôler l’action du gouvernement, pas d’alourdir les charges publiques par des nominations dont l’utilité mérite d’être démontrée.
La rupture ne se mesure pas à la force des discours, mais au courage des décisions. Gouverner autrement exige de renoncer aux pratiques d’hier, même lorsqu’elles profitent à son propre camp. Les Sénégalais seront les seuls juges, et ils compareront les promesses aux actes.
Mame Awa Diop
Responsable Pastef Pikine/DSM
Présidente Conseil Consultatif des Jeunes de DSM
Conseillère municipale

