Kafountine : le retour inquiétant des réseaux de passeurs alarme les acteurs de la pêche artisanale

Face à la recrudescence des départs clandestins, les acteurs locaux dénoncent l’enracinement de réseaux transfrontaliers de passeurs et appellent à un renforcement urgent des moyens de surveillance.

La commune de Kafountine, en Basse-Casamance, fait de nouveau face à une intensification préoccupante des activités liées à la migration irrégulière. L’alerte a été lancée par le président du Conseil local de pêche artisanale (CLPA), Abdoulaye Demba, qui évoque un « retour en force » des convoyeurs de migrants dans la zone et ses îles environnantes, rapporte le quotidien Libération.

Selon Libération, ces réseaux de passeurs, désormais bien implantés, exploitent la précarité des candidats à l’émigration pour organiser des traversées clandestines vers l’Espagne. « Les tentatives se multiplient malgré les risques élevés », a indiqué M. Demba, soulignant que ces activités génèrent des profits considérables au détriment de vies humaines.

Le phénomène dépasse les frontières sénégalaises. Des connexions ont été établies avec des localités gambiennes comme Goundiour et Tandjié, d’où partent certaines pirogues. Les convoyeurs opèrent souvent en plusieurs étapes : embarquement à Kafountine, puis regroupement en Gambie avant la traversée de l’Atlantique.

Face à cette situation, les forces de défense et de sécurité multiplient les opérations. Une intervention récente à Niafrang a permis l’interpellation de 42 candidats à l’émigration clandestine, dont des femmes et des mineurs.

Malgré ces efforts salués, les acteurs locaux déplorent un manque criant de moyens logistiques pour surveiller efficacement les zones maritimes. « Nous avons parfois du mal à trouver du carburant pour nos patrouilles », regrette le président du CLPA, lançant un appel pressant à l’État pour renforcer les capacités d’intervention

Oumou Khaïry NDIAYE
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