Face aux conséquences de l’hivernage et à la pression croissante des déchets, la Société nationale de gestion intégrée des déchets (Sonaged) a engagé une vaste opération d’assainissement à Saint-Louis. Prévue sur plus d’un mois, cette intervention doit contribuer à améliorer le cadre de vie des populations et à renforcer l’attractivité touristique de l’ancienne capitale.
La lutte contre l’insalubrité s’intensifie à Saint-Louis. Pour faire face aux séquelles de l’hivernage et aux difficultés persistantes de gestion des déchets, la Sonaged a déployé ses équipes dans la ville, en appui aux efforts de la municipalité. L’opération mobilise également les forces de défense et de sécurité, les sapeurs-pompiers, les agents des Eaux et Forêts ainsi que les délégués de quartier.
Selon le quotidien EnQuête, qui rapporte les déclarations du directeur général de la Sonaged, Ababacar Abba Mbaye, cette initiative répond à la nécessité d’une mobilisation collective face aux conséquences des pluies. « L’hivernage laisse des stigmates très profonds dans nos États », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une réponse coordonnée pour restaurer durablement la propreté des espaces publics.
Le choix de Saint-Louis revêt également un enjeu économique. À l’approche de la saison touristique, l’état d’hygiène de la ville préoccupe les professionnels du secteur. Le directeur général de la Sonaged affirme avoir échangé avec plusieurs hôteliers qui ont exprimé leurs inquiétudes concernant les conditions de propreté. Dans un contexte économique difficile, il considère le tourisme comme un levier de croissance qu’il convient de préserver.
Le quotidien EnQuête ajoute que l’opération ne se limitera toutefois pas à l’ancienne capitale. Elle doit également être étendue à Touba, Kaolack et Thiès, dans le cadre d’un effort plus large de lutte contre l’insalubrité. Cette nouvelle mobilisation intervient après les actions menées par la Sonaged en prélude à la rentrée scolaire, au cours desquelles plus de 1 500 salles de classe auraient été remises en état à travers le pays, selon Ababacar Abba Mbaye.
Au-delà des interventions ponctuelles, le volume des déchets produits dans les grandes agglomérations constitue un défi majeur. Saint-Louis génère plus de 500 tonnes d’ordures par semaine, tandis que Touba dépasse les 800 tonnes. À Dakar, les quantités ont fortement augmenté au cours des dix dernières années, avec des pics dépassant les 7 000 tonnes par jour lors de certaines fêtes religieuses.
Pour répondre à cette évolution, la Sonaged travaille à sa réorganisation et à la mise en place d’un système de précollecte. Certaines pistes envisagées s’inspirent de l’expérience de Saint-Louis, où la participation des acteurs locaux est considérée comme un levier essentiel.
L’enjeu est désormais de dépasser le simple nettoyage ponctuel pour installer des mécanismes durables de gestion des déchets. À Saint-Louis, la mobilisation engagée devra ainsi contribuer à rendre à la ville son éclat, tout en renforçant la coordination entre les services publics et les communautés.

