Le Commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff a mis fin aux agissements présumés d’un opérateur économique accusé d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux et de tromperie sur la nature de la marchandise. L’enquête a révélé un système élaboré mêlant détournement de fonds, faux virement bancaire et vente de téléphones reconditionnés présentés comme neufs.
Le Commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff a procédé à l’interpellation puis au défèrement d’un individu soupçonné d’être à la tête d’un important système d’escroquerie commerciale dont le préjudice provisoire est estimé à 68,8 millions de FCFA.
L’affaire trouve son origine dans la plainte déposée par une opératrice économique spécialisée dans l’importation d’iPhone depuis Dubaï. Selon les éléments de l’enquête, cette dernière confiait régulièrement des stocks de téléphones au mis en cause pour des opérations de courtage et de commercialisation.
Au lendemain de la Tabaski 2026, un inventaire contradictoire effectué entre les deux parties a mis en évidence un important reliquat financier non reversé, évalué à 66,775 millions de FCFA. Interpellé sur cette situation, le suspect aurait alors multiplié les explications pour justifier son incapacité à restituer les sommes dues.
Les enquêteurs rapportent qu’il a d’abord invoqué la perte des clés d’un coffre-fort censé contenir les fonds. Ce prétexte lui aurait permis de gagner du temps tout en obtenant de la victime le financement de prétendues interventions techniques destinées à ouvrir le coffre. Par la suite, il aurait soutenu que des techniciens venus de Mbour et de Touba avaient mystérieusement vidé le coffre-fort, une version qui a suscité de nombreuses interrogations.
L’enquête, renforcée par l’exploitation technique du téléphone portable du suspect par la Brigade de recherches, a toutefois permis de mettre au jour d’autres éléments compromettants. Les investigations ont notamment révélé l’existence d’autres victimes présumées.
L’une d’elles affirme avoir déboursé 1,83 million de FCFA pour l’achat de téléphones présentés comme neufs. Après vérification, il se serait avéré que les appareils étaient en réalité des téléphones reconditionnés, comportant notamment des écrans remplacés et des données personnelles appartenant à des tiers.
Face aux preuves recueillies, le mis en cause aurait reconnu avoir simulé un faux virement bancaire d’un montant de sept millions de FCFA afin de rassurer sa principale créancière. Les enquêteurs lui reprochent également d’avoir exercé des pressions et proféré des menaces dans le but de dissuader cette dernière d’engager des poursuites judiciaires.
Les analyses numériques menées dans le cadre de l’enquête ont par ailleurs permis d’identifier une troisième victime potentielle, invitée à se rapprocher des services de police pour formaliser sa plainte.
Le suspect a finalement été déféré devant les autorités judiciaires pour abus de confiance qualifié, escroquerie, faux et usage de faux ainsi que tromperie sur la nature de la marchandise. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte du réseau et le nombre total de victimes.

