Libertés publiques : Afrikajom critique l’interdiction d’une rencontre internationale sur les disparitions forcées en Guinée

L’organisation Afrikajom Center est montée au créneau après l’annulation par les autorités sénégalaises d’une table ronde internationale consacrée aux disparitions forcées en Guinée. Dans un communiqué rendu public, l’organisation dirigée par Alioune Tine exprime sa « profonde indignation » et considère cette décision comme une atteinte aux engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains et de libertés fondamentales.

Selon Afrikajom Center, cette interdiction serait contraire à plusieurs instruments juridiques régionaux et internationaux ratifiés par le Sénégal. L’organisation cite notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantit la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, le Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Pour l’organisation, ces textes imposent aux États de garantir l’exercice des libertés publiques, particulièrement lorsqu’il s’agit d’initiatives visant à promouvoir les droits humains ou à sensibiliser l’opinion sur des violations graves.

Afrikajom rappelle également la tradition historique du Sénégal comme terre d’accueil des défenseurs des droits humains et des opposants politiques de la sous-région. Le communiqué évoque notamment les précédents liés à Alpha Condé, à Cellou Dalein Diallo ainsi qu’à plusieurs militants et syndicalistes guinéens ayant trouvé refuge au Sénégal.

Estimant que cette tradition doit être préservée, l’organisation appelle les autorités sénégalaises à respecter les engagements internationaux du pays et à maintenir le Sénégal comme un espace de dialogue, de protection des libertés et de promotion des droits fondamentaux sur le continent.

Enfin, Afrikajom Center réaffirme son soutien au mouvement Tournons La Page Guinée ainsi qu’à l’ensemble des organisations mobilisées contre les disparitions forcées, tout en invitant les acteurs publics à privilégier le dialogue et le respect des libertés consacrées par les textes internationaux.

Momar Diack SECK
Up Next

Related Posts