Pêche artisanale et valorisation de la chaîne de valeurs : les transformatrices réclament la reconnaissance de leur métier

Réunies lundi 21 septembre 2026 à Thiaroye-sur-Mer, les femmes transformatrices de produits halieutiques ont plaidé pour une reconnaissance juridique de leur activité et une meilleure représentation dans les instances de décision du secteur de la pêche. Elles demandent également davantage d’infrastructures et une meilleure préservation de la ressource.

Les transformatrices de produits halieutiques veulent voir leur métier davantage reconnu et leur voix mieux prise en compte dans les décisions relatives au secteur de la pêche. Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 21 septembre à Thiaroye-sur-Mer, elles ont appelé les pouvoirs publics à accélérer le processus de régularisation de leur activité, tout en renforçant les mesures destinées à préserver la ressource halieutique.

Selon Sud Quotidien, la présidente du Réseau des Femmes de la Pêche Artisanale du Sénégal (REFEPAS), Diaba Diop, a notamment plaidé pour l’aboutissement du projet de décret destiné à encadrer l’activité des transformatrices. « Nous courons derrière ce projet de régularisation de notre métier qui est toujours dans le circuit », a-t-elle déclaré.

Pour les représentantes des femmes, cette reconnaissance juridique constitue un enjeu important pour les milliers de personnes qui tirent une partie substantielle de leurs revenus de la transformation artisanale des produits de la mer. Elles souhaitent ainsi que les engagements annoncés par les autorités se traduisent par des décisions concrètes.

La revendication porte également sur leur représentation dans les organes chargés d’orienter les politiques publiques de la pêche. Le Comité d’attribution des licences et le Conseil national consultatif de la pêche maritime sont notamment cités. Les femmes estiment que leur présence y demeure insuffisante au regard de leur rôle dans la chaîne de valeur.

« Nous plaidons toujours pour que les femmes qui travaillent dans le secteur de la pêche soient intégrées dans ces instances », a indiqué Diaba Diop. Cette demande concerne, selon elle, l’ensemble des femmes intervenant dans la chaîne de valeur, au-delà des seules transformatrices et mareyeuses.

De la valorisation des captures à leur transformation et leur commercialisation, les femmes jouent en effet un rôle dans la circulation des produits halieutiques et leur mise à disposition des consommateurs. Leur activité participe également à l’approvisionnement alimentaire dans certaines zones où l’accès au poisson frais peut être difficile.

Sud Quotidien rapporte par ailleurs que les transformatrices considèrent la préservation de la ressource comme une préoccupation indissociable de leur activité. « On ne peut pas parler de la durabilité de la pêche sans parler des femmes transformatrices », a insisté la présidente du REFEPAS.

Des infrastructures encore insuffisantes

Les femmes saluent certains efforts engagés par les pouvoirs publics, notamment dans le cadre de la révision du Code de la pêche et de la construction de nouvelles infrastructures. Elles estiment toutefois que les dispositions spécifiques à la transformation doivent être davantage affirmées.

Le déficit d’infrastructures adaptées figure parmi leurs principales difficultés. Sur les 83 unités de transformation existantes, moins de 15 % seraient aménagées, selon les chiffres avancés par les représentantes des transformatrices. Elles demandent ainsi une accélération des investissements consacrés aux unités de transformation et aux quais de pêche.

L’accès à la ressource constitue une autre préoccupation. Les transformatrices doivent se rendre dans les marchés centraux, les ports et les quais pour s’approvisionner, alors que les pêcheurs eux-mêmes rencontrent des difficultés croissantes pour accéder au poisson.

Les femmes dénoncent également la concurrence des usines de farine et d’huile de poisson, qu’elles accusent de réduire la disponibilité de certaines espèces destinées à la transformation artisanale. La sardinelle est particulièrement citée comme une ressource importante aussi bien pour leur activité que pour l’alimentation des populations.

Michel DIEYE

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