Dundal PS : Ni Mouvement Dissident, Ni Organisation Parallèle. Une Initiative Légitime Pour Sauver Le Parti Socialiste

La sortie de M. Abdoulaye Gallo Diao se distingue davantage par sa violence verbale que par sa solidité juridique et politique. Avant toute chose, il convient de rappeler une évidence : Dundal PS n’est ni un mouvement politique autonome, ni une organisation concurrente du Parti socialiste, ni une structure visant à se substituer aux instances du Parti.

Le manifeste fondateur de Dundal PS est sans équivoque. Il s’agit d’un comité d’initiative composé exclusivement de responsables et militants du Parti socialiste, dont plusieurs membres du Bureau politique, du Secrétariat exécutif national, secrétaires généraux d’unions et de coordinations, anciens ministres, élus locaux et responsables nationaux. Son objectif est clair : contribuer à la renaissance du Parti socialiste, à travers un diagnostic lucide de la situation actuelle et des propositions de réformes destinées à préserver l’avenir du PS.

Par conséquent, vouloir assimiler Dundal PS à une organisation politique distincte relève soit d’une méconnaissance des faits, soit d’une tentative délibérée de manipulation.

L’article 7 des Statuts invoqué par M. Gallo Diao est inapplicable. Cet article vise l’appartenance à une autre organisation politique ou à un groupement ethnique, régional ou religieux à caractère politique.

Or, Dundal PS n’est rien de tout cela. Dundal PS n’a ni existence juridique propre, ni programme politique distinct du Parti socialiste, ni candidature concurrente, ni organes parallèles de direction, ni ambition de se substituer au PS.

Il s’agit d’une initiative interne portée par des socialistes qui entendent exercer leur droit d’analyse, de proposition et d’interpellation face à un déclin que personne ne peut sérieusement nier. L’article 7 ne saurait donc servir de fondement à une quelconque procédure d’exclusion.

Il n’existe donc aucun fondement statutaire permettant de qualifier notre initiative d’organisation concurrente. Quant à l’article 38 évoqué par certains, encore faudrait-il démontrer en quoi l’élaboration d’un manifeste, l’expression d’inquiétudes sur l’avenir du Parti ou la formulation de propositions de réformes constitueraient une faute disciplinaire. Les textes du Parti disent exactement le contraire. Le règlement intérieur prévoit que les militants participent à la vie du Parti par leurs avis, leurs suggestions et leurs contributions.

Les structures de base sont chargées de recueillir ces avis et suggestions. Mieux encore, ce sont les Statuts eux-mêmes qui reconnaissent la liberté d’initiative et l’expression des militants.

Aucun texte du Parti socialiste n’interdit à des militants de se réunir, de réfléchir ensemble, de publier un manifeste ou de proposer des réformes. À défaut d’une disposition expresse, nul ne peut inventer une infraction disciplinaire pour faire taire un débat politique.

Le Parti socialiste n’a jamais été une organisation monolithique. Son histoire a toujours été nourrie par la confrontation des idées, la réflexion collective et la contribution de sensibilités diverses autour d’un même idéal socialiste.

Parler d’« auto-exclusion » relève donc d’une construction politique sans fondement statutaire. Une exclusion ne se décrète pas dans une tribune ou dans la presse.  Elle ne résulte pas d’une appréciation personnelle.

Elle obéit à des procédures précises, au respect des droits de la défense et à des dispositions statutaires clairement établies. Or aucun texte du Parti socialiste ne prévoit qu’un militant puisse être considéré comme « autoexclu » pour avoir exprimé des critiques, demandé des réformes. Cette notion d’auto-exclusion n’est qu’un habillage juridique destiné à masquer l’absence de fondement réel des accusations formulées contre Dundal PS.

La véritable question n’est pas Dundal PS.

La véritable question est l’état du Parti socialiste. Depuis plusieurs années, de nombreux responsables alertent sur l’affaiblissement organisationnel du Parti, son recul électoral, son effacement progressif dans le débat national et les retards répétés dans l’organisation du congrès.

Au lieu de répondre à ces préoccupations légitimes, certains préfèrent s’attaquer aux messagers. Pourtant, aimer son Parti, ce n’est pas se taire lorsqu’il est en difficulté. La loyauté ne consiste pas à applaudir le déclin. La fidélité véritable consiste à avoir le courage de dire la vérité lorsque l’intérêt supérieur du Parti l’exige.

Dundal PS s’inscrit précisément dans cette logique de responsabilité. M. Gallo Diao, qui a lui-même choisi de se mettre en retrait du Parti et dont la démission est connue de tous, est particulièrement mal placé pour donner des leçons de fidélité aux militants restés debout dans les moments difficiles.

Le Parti socialiste n’est pas un moulin à mil où l’on entre et d’où l’on sort au gré des circonstances, avant de revenir distribuer des brevets de loyauté et des certificats de militantisme. La fidélité à une organisation politique se mesure dans la constance de l’engagement, dans la capacité à assumer les combats collectifs et à partager les épreuves communes, non dans les déclarations à l’emporte-pièce.

Je dois avouer que j’ai été davantage surprise par l’identité de celui qui a relayé le texte de Monsieur DIAO dans différents panels que par le texte lui-même. Le camarade Louis CISS ancien professeur de l’Université de Dakar est quelqu’un pour qui j’ai toujours eu beaucoup de considération, malgré nos divergences politiques actuelles. J’ai toujours respecté son parcours ainsi que sa rigueur intellectuelle. C’est pourquoi la diffusion par ses soins de ce texte, appelant à notre exclusion du Parti Socialiste en raison de nos seules opinions divergentes, sans le moindre fondement juridique, m’a profondément décontenancée.

En le relayant publiquement, il donne inévitablement le sentiment d’en partager l’analyse ou, à tout le moins, d’en cautionner la démarche. Le Parti socialiste appartient à ses militants, il n’appartient ni à un individu ni à un groupe. Personne n’a le monopole de son histoire, de ses valeurs ou de son avenir.

Nous réaffirmons avec force que les signataires du Manifeste Dundal PS sont et demeurent des militants socialistes pleinement engagés dans le combat pour la renaissance de leur Parti. Nous ne quitterons pas le Parti socialiste, nous continuerons à nous battre pour qu’il revive.

Car notre démarche n’est pas une entreprise de division. Elle est une entreprise de sauvegarde. Ceux qui veulent exclure les voix critiques prennent le risque d’accélérer l’affaiblissement du Parti. Ceux qui veulent ouvrir le débat travaillent, au contraire, à sa renaissance. Le véritable choix est donc simple : Faire taire les militants ou sauver le Parti. Nous avons choisi de sauver le Parti.

Selbé Niady Diouf,

membre du Parti Socialiste France

webmaster

Author

webmaster

Up Next

Related Posts