J’apprends que l’heure est désormais au positionnement en vue de l’élection du prochain président de la FIFA, à la suite de la grave crise provoquée par la tentative de remise en cause de l’universalité du football. Une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire de cette institution. Encore faudrait-il que l’Afrique décide d’en être un acteur et non un simple témoin.
En mars 2026, j’avais publié une tribune dans laquelle j’appelais l’Afrique à ne pas soutenir un nouveau mandat de Gianni Infantino, mais plutôt oser présenter un candidat africain crédible. Cette position reposait sur une conviction simple : il est difficilement acceptable qu’une organisation, créée depuis 1904, n’ait jamais été présidée par un Africain, alors que notre continent compte 54 des 211 associations membres de la FIFA, soit près de 26 % du corps électoral.
Aujourd’hui, force est de constater que d’autres continents ont déjà engagé la bataille. Ils identifient leurs candidats, construisent leurs alliances et élaborent leurs stratégies. Pendant ce temps, l’Afrique semble attendre pour savoir quel candidat elle soutiendra.
Pourquoi cette résignation ?
Pourquoi ce renoncement à l’ambition ?
Pourquoi ce suivisme ?
Un continent qui représente près d’un quart des voix ne peut se contenter de suivre les choix des autres. Il doit être capable de porter une vision, de défendre un projet et de proposer un candidat susceptible de rassembler bien au-delà de ses frontières.
Le véritable enjeu dépasse l’élection d’un président. Il concerne la place que l’Afrique entend occuper dans la gouvernance mondiale. Le football est devenu un espace d’influence diplomatique, économique, culturelle et géopolitique. Renoncer à y exercer des responsabilités, c’est accepter que d’autres continuent de définir les règles du jeu et les orientations d’une institution dont nous sommes pourtant l’un des principaux piliers.
La CAF ne peut demeurer dans une posture d’accompagnement permanent. Elle doit jouer pleinement son rôle stratégique. En football comme dans les relations internationales, ceux qui se contentent d’applaudir écrivent rarement l’histoire. Ils assistent à son écriture.
L’Afrique ne peut continuer à être un wagon accroché aux locomotives des autres. Elle doit devenir l’une des locomotives de la gouvernance mondiale du football. Son poids électoral, la richesse de ses talents, la ferveur de ses peuples et sa contribution exceptionnelle au développement du football mondial lui confèrent toute la légitimité nécessaire pour prétendre à la plus haute responsabilité de la FIFA.
Il est temps de transformer notre force numérique en influence politique, notre potentiel en leadership et notre légitimité en responsabilité. Les grandes institutions n’évoluent que lorsque des femmes et des hommes osent porter une ambition collective.
L’histoire n’attend pas ceux qui hésitent. Elle sourit à ceux qui prennent l’initiative et qui ont le courage de construire l’avenir plutôt que de le subir.
Dr Papa Abdoulaye Seck

