La Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA) a annoncé que le marché national de l’assurance a dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 300 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires en 2025. Une performance qui confirme la progression constante d’un secteur devenu un acteur majeur de la résilience économique et du financement du développement.
Le marché sénégalais de l’assurance poursuit sa dynamique de croissance. Dans un communiqué publié le 15 juin 2026, la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA) révèle que le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 311 milliards de francs CFA en 2025 contre 249 milliards en 2022.
Cette progression représente une croissance cumulée de près de 25 % en trois ans et un rythme annuel moyen de 7,7 %. Selon la FSSA, cette évolution traduit une confiance croissante des ménages et des entreprises envers les produits d’assurance.
Le Sénégal occupe désormais la deuxième place du marché de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), derrière la Côte d’Ivoire.
Un secteur diversifié et en pleine modernisation
Le marché compte actuellement 27 compagnies d’assurances, dont 18 spécialisées dans les assurances dommages et neuf dans l’assurance-vie. Il s’appuie également sur plusieurs structures stratégiques, notamment la CNAAS pour l’assurance agricole, la SONAC pour le crédit et le cautionnement, ainsi que la SENRE dans le domaine de la réassurance.
La FSSA souligne également les avancées réalisées dans la transformation numérique du secteur, avec notamment le système « Taxawu Leen » destiné à faciliter le règlement amiable des accidents matériels de circulation et la création du GIE FSSA Technologie.
Une solidité financière confirmée
Les données présentées montrent des niveaux de solvabilité particulièrement élevés. En 2024, les compagnies affichaient des taux de couverture de la marge de solvabilité de 510 % en assurances dommages et de 298 % en assurance-vie.
Ces résultats traduisent la capacité du secteur à faire face à ses engagements tout en maintenant sa stabilité financière.
L’assurance dommages demeure le principal segment du marché avec 187,5 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires, tandis que l’assurance-vie poursuit sa progression rapide pour atteindre 123,7 milliards de francs CFA.
Un acteur majeur du financement de l’économie
Au-delà de son rôle de protection des personnes et des biens, le secteur s’affirme comme un investisseur institutionnel de premier plan.
La FSSA indique que les compagnies d’assurances ont injecté près de 650 milliards de francs CFA dans l’économie nationale en 2024. Ces placements concernent notamment les obligations d’État, les infrastructures, les établissements financiers et les entreprises privées.
Les investissements en obligations souveraines représentent à eux seuls plus de 165 milliards de francs CFA, tandis que les dépôts bancaires atteignent plus de 272 milliards.
Parallèlement, les assureurs ont versé 133 milliards de francs CFA d’indemnités et de prestations à leurs clients en 2024, contre 119 milliards l’année précédente.
D’importantes perspectives de croissance
La FSSA identifie plusieurs relais de croissance pour les prochaines années. Les projets pétroliers et gaziers de Sangomar et Grand-Tortue Ahmeyim ouvrent de nouvelles perspectives pour les assurances industrielles et énergétiques.
Le développement de la micro-assurance, de l’assurance agricole et des produits destinés au secteur informel constitue également un important gisement de croissance.
Le secteur entend par ailleurs investir davantage dans la couverture des cyber-risques, la protection des données numériques et l’assurance santé inclusive.
Un potentiel encore largement inexploité
Malgré ses performances, le marché reste confronté à un défi majeur : l’élargissement de la couverture assurantielle.
Avec un taux de pénétration de seulement 1,48 % du PIB et une prime moyenne annuelle de 16 319 francs CFA par habitant, le Sénégal demeure en dessous de la moyenne africaine.
Pour la FSSA, l’avenir du secteur passera par une meilleure adaptation des produits aux réalités locales, le renforcement des réseaux de distribution de proximité et une intensification des actions d’éducation financière.
L’organisation affirme enfin sa volonté d’accompagner la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050 en contribuant à la compétitivité économique, à l’inclusion sociale et au financement durable du développement.

