Les tensions entre les partisans du président Bassirou Diomaye Faye et ceux du Premier ministre Ousmane Sonko prennent une nouvelle ampleur. Invité de la plateforme LiveSénégalTV, Badara Pouye, membre de la coalition Diomaye Président et ancien cadre de Pastef, a multiplié les révélations et accusations contre son ancien camp, évoquant notamment la candidature de Diomaye Faye, la loi d’amnistie, les fonds politiques et le protocole du Cap Manuel. Des déclarations qui risquent d’alimenter davantage la crise au sommet de l’État.
Selon le quotidien Vox Populi, les divergences entre les proches du président Bassirou Diomaye Faye et les responsables de Pastef continuent de s’exposer publiquement. Cette fois, c’est Badara Pouye, membre de la coalition Diomaye Président et ancien militant du parti, qui a pris la parole pour défendre le chef de l’État tout en mettant directement en cause Ousmane Sonko et plusieurs responsables de Pastef.
Invité sur le plateau de LiveSénégalTV, Badara Pouye a d’abord salué les initiatives du président de la République en matière de gouvernance financière. Il affirme que Bassirou Diomaye Faye est le premier chef de l’État à avoir instauré un véritable dispositif comptable à la Présidence pour assurer une gestion transparente des fonds politiques.
Selon lui, contrairement aux pratiques qu’il attribue aux précédents régimes, le président ne distribue pas de fortes sommes d’argent à des responsables ou personnalités. Il s’est également interrogé sur la gestion des fonds lorsque Ousmane Sonko occupait les fonctions de Premier ministre.
Des accusations contre l’entourage de Sonko
Toujours cité par Vox Populi, Badara Pouye estime que le Premier ministre serait aujourd’hui entouré d’un cercle de responsables davantage motivés par leurs intérêts personnels que par le projet politique initial de Pastef.
Il affirme que plusieurs anciens militants historiques auraient été progressivement marginalisés après l’arrivée au pouvoir au profit de personnes qualifiées de « béni-oui-oui ». Selon lui, une partie importante des cadres du parti soutiendrait discrètement le président Bassirou Diomaye Faye.
« Les têtes pensantes de Pastef sont avec le président », a-t-il notamment soutenu, tout en affirmant que plusieurs directeurs généraux salueraient en privé les décisions du chef de l’État.
Diomaye présenté comme « le père de Pastef »
Badara Pouye est également revenu sur le rôle joué par Bassirou Diomaye Faye dans la construction de Pastef.
Il affirme que l’actuel président aurait consacré une grande partie de sa vie au développement du parti, allant jusqu’à envisager de vendre une partie de ses biens pour financer ses activités. Il rappelle également que Diomaye passait, selon lui, de nombreuses nuits au siège du parti afin de rédiger des documents stratégiques.
Pour Badara Pouye, il est donc erroné de minimiser aujourd’hui l’apport du président dans l’essor de Pastef.
Des révélations annoncées sur la candidature de Diomaye
L’ancien responsable affirme également que plusieurs personnalités auraient tenté d’empêcher la candidature de Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024.
Évoquant des événements survenus durant la détention de l’actuel chef de l’État, il assure que certains responsables auraient voulu convaincre Ousmane Sonko de revenir sur son engagement en faveur de la candidature de Diomaye.
Il fait aussi référence au protocole du Cap Manuel, sans toutefois révéler les faits qu’il dit connaître.
« Nous savons ce qui s’est passé au Cap Manuel, mais nous ne le dévoilerons pas », a-t-il déclaré, tout en laissant entendre que d’autres révélations pourraient intervenir si les attaques politiques se poursuivaient.
La loi d’amnistie au cœur des critiques
Badara Pouye s’est également exprimé sur la loi d’amnistie.
Selon lui, plusieurs responsables de Pastef auraient reconnu en interne que ce texte favorisait leur participation aux élections, avant d’adopter publiquement une position différente.
Il estime que si la majorité parlementaire souhaite réellement remettre en cause cette loi, elle dispose aujourd’hui des moyens de l’abroger.
À l’en croire, une telle décision pourrait avoir des conséquences judiciaires pour plusieurs responsables politiques, tout en précisant que le président Bassirou Diomaye Faye bénéficierait de l’immunité liée à sa fonction et n’aurait jamais fait l’objet d’une condamnation.
L’espoir d’un rapprochement en 2029
Malgré la virulence de ses critiques, Badara Pouye dit souhaiter une réconciliation entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye avant la prochaine élection présidentielle.
Il imagine un scénario dans lequel le président briguerait un second mandat avec Ousmane Sonko comme directeur de campagne, estimant qu’une telle configuration servirait davantage les intérêts du Sénégal.
En conclusion, Badara Pouye affirme détenir encore de nombreuses informations inédites sur les événements ayant précédé l’arrivée au pouvoir de Pastef et prévient qu’il pourrait les rendre publiques si les tensions politiques persistent.

