CEDEAO : l’Autorité régionale de la concurrence intègre un réseau mondial d’analyse numérique du droit de la concurrence

L’Autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO (ERCA) franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses outils de régulation. Le 5 mars 2026, l’institution a officiellement rejoint le projet Stanford Computational Antitrust, une initiative internationale qui mobilise l’intelligence artificielle et les méthodes computationnelles pour améliorer la détection et l’analyse des pratiques anticoncurrentielles.

L’Autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO (ERCA) a annoncé son adhésion au Stanford Computational Antitrust Project, un programme hébergé par le CodeX Center de l’Université de Stanford et consacré à l’utilisation de la technologie et des données dans l’application du droit de la concurrence.

Créé et dirigé par le professeur Thibault Schrepel, ce projet rassemble plus de 75 agences de concurrence dans le monde ainsi que des universitaires spécialisés. Il constitue aujourd’hui l’initiative la plus importante à l’intersection du droit de la concurrence et de l’informatique juridique, en explorant comment l’automatisation, l’apprentissage automatique et les outils computationnels peuvent renforcer la régulation des marchés.

Concrètement, ces technologies permettent d’améliorer la détection des pratiques anticoncurrentielles, d’affiner l’analyse des fusions d’entreprises et d’appuyer l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données fiables. Les institutions membres participent notamment à la production de rapports annuels évaluant l’utilisation de ces outils, publiés dans la revue scientifique Stanford Computational Antitrust.

Pour l’ERCA, qui opère dans les douze États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, cette adhésion représente un levier stratégique pour renforcer ses capacités d’analyse et de surveillance des marchés régionaux. L’Autorité doit en effet superviser un espace économique vaste et dynamique, où les transactions et les fusions transfrontalières sont de plus en plus fréquentes.

« Rejoindre le projet Stanford Computational Antitrust est une opportunité stratégique pour l’ERCA de tirer parti de la puissance des données et de la technologie pour faire progresser l’application du droit de la concurrence en Afrique de l’Ouest », a déclaré Simeon Koffi. Selon lui, cette collaboration permettra notamment de mieux détecter et traiter les pratiques anticoncurrentielles transfrontalières, au bénéfice des consommateurs et des entreprises de la région.

Dans le cadre de ce partenariat, l’ERCA participera à l’atelier annuel du réseau, contribuera à son rapport global et échangera avec une communauté internationale d’experts issus d’Asie, d’Europe, des Amériques et d’Afrique. L’Autorité aura également accès aux dernières avancées en matière d’outils numériques d’analyse et d’application du droit de la concurrence.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’institution régionale. Elle intervient notamment après le lancement récent d’un système d’information statistique et dans le cadre du développement de services de dépôt électronique destinés à faciliter les procédures et renforcer la transparence du marché régional.

En misant sur l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, l’ERCA entend ainsi consolider son rôle dans la promotion d’une concurrence saine et équitable au sein de l’espace économique ouest-africain.

Momar Diack SECK
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