La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) appelle à une amélioration significative de la collecte et de la qualité des données relatives à la consommation de drogues dans la région. Pour l’organisation communautaire, des données fiables, actualisées et complètes constituent un préalable indispensable à la mise en place de politiques efficaces de prévention et de lutte contre les drogues.
Le plaidoyer a été porté par le Dr Daniel Amankwaah, chef de la Division de la prévention et du contrôle des drogues de la Commission de la CEDEAO, lors de la clôture, jeudi 13 août 2026 à Lagos, au Nigeria, d’un atelier de renforcement des capacités destiné aux points focaux du Réseau nigérian d’épidémiologie sur la consommation de drogues (NENDU).
Selon le responsable de la CEDEAO, l’évolution de la situation en matière de drogues dans l’espace ouest-africain impose de disposer d’informations précises pour permettre aux décideurs de concevoir des réponses adaptées. Il a ainsi invité les participants à mettre en pratique les enseignements tirés de l’atelier, notamment en matière de collecte, de validation et d’analyse des données.
« Nous attendons de constater une amélioration manifeste de la qualité et de la ponctualité des données que le Nigeria transmet au WENDU », a déclaré le Dr Amankwaah, réaffirmant la disponibilité de la CEDEAO à accompagner le Nigeria et les autres États membres dans le renforcement de leurs systèmes d’information sur les drogues.
Parmi les mesures envisagées figure notamment la mise à disposition de matériels destinés à améliorer la collecte des données dans les centres NENDU. La CEDEAO entend également soutenir l’extension du réseau afin d’intégrer au moins les seize hôpitaux neuropsychiatriques du Nigeria. Cette extension permettrait de porter le nombre total de centres à au moins vingt.
La directrice de la Division des stupéfiants et de l’abus de drogues du ministère fédéral nigérian de la Santé et de la Protection sociale, Henrietta Bakura-Onyeneke, a, pour sa part, insisté sur le rôle central des données dans la lutte contre les conséquences liées à la consommation de drogues.
Elle a appelé les participants à repartir de l’atelier avec « une volonté renouvelée de produire de meilleures données et des éléments probants plus solides », afin de favoriser des interventions plus efficaces en faveur de la santé et du bien-être des populations.
Même son de cloche du côté de la directrice du département des Services hospitaliers du ministère, Dr Amina Z. Kazaure. Celle-ci a exhorté les acteurs à recueillir des données pertinentes, à en contrôler la qualité, à produire des rapports précis dans les délais et à utiliser ces informations pour améliorer la prise de décision.
Organisé sur trois jours, l’atelier a réuni les points focaux du NENDU, des professionnels du ministère fédéral de la Santé ainsi que plusieurs acteurs impliqués dans la collecte de données sur les drogues à travers les différentes zones géopolitiques du Nigeria.
L’objectif était de renforcer leurs capacités techniques afin d’améliorer la production de rapports de qualité sur les tendances de la consommation de drogues et, par conséquent, de contribuer à l’élaboration de politiques et d’interventions fondées sur des données probantes.
Mis en place pour améliorer la collecte, l’analyse et le rapportage des données sur la consommation de drogues au Nigeria, le NENDU constitue un maillon du Réseau ouest-africain d’épidémiologie sur la consommation de drogues (WENDU), créé en 2013 par la Commission de la CEDEAO. Ce mécanisme régional vise à collecter, analyser et diffuser des données sur les drogues et les problématiques connexes dans les États membres.

