Réunis dans le cadre d’un Comité régional de développement consacré à la gestion durable des ressources forestières, les acteurs de la région de Thiès ont dressé un constat préoccupant de l’état des forêts classées. Entre urbanisation, pression foncière et déclassements successifs, les autorités annoncent de nouvelles mesures pour préserver ce patrimoine naturel stratégique.
Selon le quotidien EnQuête, le chef du Service régional des Eaux et Forêts de Thiès, le lieutenant-colonel El Hadj Malick Ndione, a rappelé que les premiers espaces forestiers protégés de la région remontent à 1933 avec la création de la forêt classée de Thiès.
Conçues pour préserver les équilibres écologiques du plateau de Thiès, ces zones jouent un rôle majeur dans la régulation climatique, la conservation de la biodiversité et la protection des ressources naturelles.
Toutefois, la situation s’est fortement détériorée au fil des décennies. D’après les données présentées lors du CRD, le taux de classement forestier de la région est désormais limité à 15,04 %, conséquence de multiples déclassements, de l’expansion urbaine et de l’affectation de terres à d’autres usages.
Face à cette réalité, les autorités forestières annoncent le lancement d’un vaste processus de réactualisation des limites des forêts classées. Cette démarche sera menée en concertation avec les communautés locales et les chefs de village afin d’identifier les occupations irrégulières et de renforcer la sécurisation des espaces protégés.
Pour le lieutenant-colonel Ndione, la préservation de ces forêts représente un enjeu majeur dans la lutte contre les effets du changement climatique et dans la protection durable de la biodiversité.
L’adjoint au gouverneur de Thiès, Ababacar Sadikh Niang, a pour sa part insisté sur l’importance de la sensibilisation. Il a rappelé que les forêts classées constituent un patrimoine national et non une réserve foncière destinée à des occupations incompatibles avec leur vocation environnementale.
Les autorités entendent ainsi renforcer la gouvernance environnementale à travers une approche participative impliquant services techniques, collectivités territoriales, organisations communautaires et société civile afin de garantir la préservation de ce patrimoine pour les générations futures.

