Une attaque meurtrière contre un convoi de camions-citernes au Mali suscite l’indignation des organisations de défense des droits humains. Selon Human Rights Watch, des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont exécuté douze chauffeurs, dont deux Sénégalais.
Une nouvelle attaque attribuée à des groupes jihadistes au Mali a fait plusieurs victimes parmi les chauffeurs routiers transportant du carburant. Selon une enquête de Human Rights Watch relayée par le quotidien Libération, douze chauffeurs ont été sommairement exécutés par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
L’attaque s’est produite le 29 janvier 2026 contre un convoi d’au moins quarante camions-citernes escorté par l’armée malienne, à environ 43 kilomètres de la ville de Kayes. Des témoins indiquent que les assaillants ont ouvert le feu sur le convoi, provoquant un échange de tirs avec les soldats chargés de l’escorte.
Au cours de l’attaque, plusieurs camions ont été incendiés et des chauffeurs capturés. Selon Human Rights Watch, les corps de douze victimes ont été retrouvés deux semaines plus tard, les yeux bandés, les mains attachées derrière le dos et la gorge tranchée.
« L’exécution sommaire de chauffeurs de camions par le GSIM est le dernier exemple en date du mépris de ce groupe pour les principes juridiques fondamentaux », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch.
Parmi les victimes figureraient deux Sénégalais âgés de 39 et 49 ans, ainsi que des ressortissants maliens, burkinabè et ivoiriens. L’organisation affirme avoir mené plusieurs entretiens avec des témoins, des journalistes et des proches des victimes, et analysé des images satellitaires montrant des camions en flammes sur la route nationale 1.
Selon les témoignages recueillis, le convoi avait quitté Dakar le 27 janvier avant de traverser la frontière à Diboli, au Mali, pour rejoindre Kayes. Malgré des alertes sur la présence de combattants armés dans la zone, les chauffeurs avaient poursuivi leur route sous escorte militaire.
Depuis plusieurs mois, les convois de carburant reliant les pays voisins au Mali sont régulièrement ciblés par des groupes armés. Ces attaques ont provoqué de graves pénuries de carburant et perturbé les transports ainsi que l’approvisionnement en électricité à Bamako et dans d’autres localités.
Human Rights Watch rappelle que le droit international humanitaire interdit les attaques délibérées contre les civils et les exécutions sommaires. L’organisation appelle les autorités maliennes à intensifier leurs efforts pour protéger les populations et traduire les responsables en justice, comme le souligne également le quotidien Libération.

