Affaire Softcare : le Sames et le Sutsas contredisent le ministre de la Santé et insistent sur la présence de matières premières périmées

La polémique autour des produits de l’entreprise Softcare prend une nouvelle tournure. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) contestent les conclusions du ministre de la Santé qui avait assuré que les produits ne présentent aucun danger pour les usagers.

Le débat sur la qualité sanitaire des produits de la société Softcare continue d’alimenter la controverse au sein du secteur de la santé. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) ont fermement rejeté les déclarations du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique qui avait assuré que les produits de l’entreprise ne comportaient « aucun risque sanitaire ». Cette réaction a été rapportée par le quotidien Libération.

Les deux organisations syndicales affirment, au contraire, que des irrégularités ont bien été constatées lors d’une inspection dans l’unité de production de couches et de serviettes hygiéniques de l’entreprise. Selon Mariama Thiam, porte-parole des syndicats pour l’occasion, la présence de matières premières périmées a été formellement établie. « Contrairement à l’affirmation du ministre, nous confirmons sans ambiguïté la présence de matières premières périmées dans l’enceinte de production », a-t-elle déclaré, précisant que ce constat a été fait en présence des gendarmes.

Les syndicats dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une remise en cause injustifiée du travail des inspecteurs chargés du contrôle. « Le ministre a choisi d’être l’avocat de Softcare et de désavouer publiquement des agents assermentés reconnus comme experts en réglementation pharmaceutique », a déploré Mariama Thiam.

Selon les responsables syndicaux, l’inspection repose sur des éléments factuels et ne saurait être contestée sur le plan technique. Ils soulignent notamment que 1 300 kilogrammes de matières premières périmées avaient été identifiés au moment du contrôle. Ils mettent également en cause l’absence de traçabilité claire des produits finis, révélatrice selon eux d’un défaut de système de qualité dans l’usine.

Pour les organisations professionnelles, la présence de matières périmées dans un processus de fabrication constitue une non-conformité critique qui devrait justifier des mesures conservatoires immédiates.

Face à cette situation, le Sames et le Sutsas exigent davantage de transparence sur les décisions administratives ayant conduit à la levée des mesures restrictives concernant les produits Softcare. Les syndicats affirment qu’aucun rapport d’inspection attestant de la résolution des manquements n’a été rendu public, comme le souligne encore le quotidien Libération.

Ils préviennent enfin qu’une grève générale n’est pas exclue si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte

Oumou Khaïry NDIAYE
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