Derrière l’image d’une ville touristique dynamique, Mbour fait face à de profondes difficultés structurelles. La croissance démographique et l’urbanisation rapide de la capitale de la Petite-Côte ont accentué plusieurs problèmes qui affectent directement les conditions de vie des populations.
Assainissement défaillant, inondations récurrentes, établissements scolaires saturés et infrastructures sanitaires insuffisantes constituent aujourd’hui quatre défis majeurs pour une ville dont l’expansion démographique semble avoir dépassé les capacités des équipements existants. C’est le triste constat relayé par nos confrères de Sud Quotidien
Un assainissement toujours vulnérable
La configuration géographique de Mbour, située sur des terrains bas et parfois sous le niveau de la mer, la rend particulièrement exposée aux inondations. Cette vulnérabilité naturelle est aggravée par une urbanisation parfois peu maîtrisée.
Selon le journal, l’occupation de zones humides, la réduction des bassins de rétention et les remblais sauvages ont progressivement diminué les espaces capables d’absorber les eaux de pluie. À cela s’ajoute un réseau d’évacuation jugé insuffisant, régulièrement confronté à l’ensablement et à l’obstruction par les déchets.
Sud rappelle qu’au cours de l’hivernage 2025, plusieurs épisodes de fortes pluies, avec des cumuls compris entre 90 et 135 millimètres, avaient provoqué des inondations dans plusieurs secteurs, notamment Zone Sonatel, Thiocé-Est/Oncad, Darou Salam, Gouye Mouride, Golf, l’esplanade de l’hôtel de ville et le stade Caroline Faye.
Des initiatives existent cependant. L’ONAS et les collectivités locales travaillent notamment sur des projets d’économie circulaire portant sur la valorisation des sous-produits des stations d’épuration et des boues de vidange. Une étude de faisabilité estime le coût du projet à 328,4 millions de francs CFA, pour des revenus annuels potentiels évalués à 94,5 millions de francs CFA.
Mais ces interventions restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.
Des écoles confrontées à la pression démographique
Le secteur éducatif n’échappe pas à cette pression. Le nombre d’établissements et de classes a considérablement augmenté au fil des années, sans pour autant empêcher la surcharge de certains établissements.
De 220 écoles élémentaires et 1 153 classes en 2004, Mbour a poursuivi son expansion démographique, avec des classes comptant parfois plus de 60 élèves et, dans certains cas, dépassant la centaine. L’école Tafsir figure parmi les établissements particulièrement touchés par cette saturation, selon nos confrères.
Cependant note le journal, des efforts ont été entrepris dans le préscolaire et le primaire, notamment avec l’amélioration de l’accès à l’éducation pour plusieurs centaines d’enfants. Toutefois, la multiplication des établissements privés témoigne également des limites du système public et peut contribuer à accentuer les inégalités d’accès à une éducation de qualité.
Un système hospitalier sous pression
Sur le plan sanitaire, l’hôpital Thierno Mansour Barro, établissement de référence pour les 16 collectivités territoriales du département, fait face à plusieurs difficultés : bâtiments inadaptés, plateau technique vieillissant, urgences exiguës et équipements insuffisants.
Ces insuffisances contraignent régulièrement certains patients à se rendre à Dakar ou à Thiès pour bénéficier de soins spécialisés.
La construction annoncée d’un hôpital de niveau 3 à Malicounda, sur une superficie de 10 hectares, nourrit l’espoir d’une amélioration durable de l’offre sanitaire. Le futur établissement doit notamment disposer d’un service de dialyse et devrait être réalisé sur une période de 36 mois après le démarrage des travaux.
Dans l’attente, des mesures d’urgence ont permis l’acquisition de matériel médical, d’une ambulance médicalisée et de couveuses pour la néonatologie. Ces investissements demeurent toutefois des réponses ponctuelles à un besoin de modernisation beaucoup plus profond.
Une réponse globale devenue indispensable
Pour Sud Quotidien, les difficultés de Mbour renvoient à une même problématique : celle d’une urbanisation rapide insuffisamment accompagnée par les infrastructures.
La réponse ne peut donc se limiter à des interventions ponctuelles. Elle suppose une véritable planification urbaine, un renforcement des réseaux d’assainissement, une meilleure protection des bassins hydrauliques ainsi que des investissements conséquents dans l’éducation et la santé.
La coordination entre l’État, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers apparaît également indispensable.
Pour Mbour, l’urgence est désormais autant politique et sociale que technique. Les populations attendent des solutions durables capables d’accompagner la croissance de la ville, plutôt que des réponses limitées à des situations d’urgence.

