Hausse du carburant : Moundiaye Cissé et Mamadou Mbodj dénoncent un nouveau fardeau pour les Sénégalais

La nouvelle hausse des prix des hydrocarbures continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Après l’annonce officielle du gouvernement, Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, et Mamadou Mbodj, coordonnateur du F24, ont exprimé leur inquiétude face aux conséquences de cette décision sur les ménages sénégalais.

Dans une réaction publiée sur X et relayée par Sud Quotidien, Moundiaye Cissé estime que cette augmentation intervient dans un contexte déjà marqué par une forte pression sur le pouvoir d’achat. Il dénonce « des hausses qui étouffent » et des ménages « à bout de force », confrontés simultanément à l’augmentation des prix et à la baisse de leur capacité de consommation.

Pour le responsable de la société civile, la hausse du carburant risque mécaniquement de renchérir les dépenses quotidiennes, notamment les coûts de transport et ceux des produits de première nécessité. Il interpelle ainsi directement les pouvoirs publics, les invitant à « épargner les Sénégalais » et à réduire le train de vie de l’État.

Moundiaye Cissé juge notamment difficilement acceptable de demander de nouveaux sacrifices aux populations alors que le débat public fait état de centaines de milliards de francs CFA consacrés aux dépenses de l’État. Il plaide donc pour que les économies budgétaires et la rationalisation des structures publiques précèdent toute sollicitation supplémentaire des contribuables.

Le directeur exécutif de 3D appelle également à concrétiser la suppression annoncée de certaines agences de l’État.

La même préoccupation est exprimée par Mamadou Mbodj. Invité dimanche 16 août à l’émission Objection de Sud FM, le coordonnateur du F24 estime que la hausse des prix des hydrocarbures serait notamment liée aux conditionnalités imposées par les partenaires financiers internationaux.

Selon lui, ces partenaires privilégieraient les impératifs de remboursement de la dette et de maîtrise des dépenses publiques, sans suffisamment prendre en compte les difficultés sociales auxquelles sont confrontées les populations.

Sud rappelle que le gouvernement avait officialisé, samedi 15 août, l’augmentation des prix des carburants, invoquant notamment la forte progression des cours mondiaux du pétrole. Il assure toutefois que l’État continuera à subventionner les prix à la pompe.

Mais Mamadou Mbodj considère que cette décision doit néanmoins susciter des interrogations sur la capacité de l’État à absorber une partie des charges. Il rappelle que les autorités avaient longtemps affirmé vouloir protéger les populations des conséquences de la conjoncture économique.

Le coordonnateur du F24 réclame également davantage de transparence sur les raisons et les conséquences de cette décision. À ses yeux, le gouvernement doit démontrer que l’effort demandé aux citoyens est équitablement partagé.

Il invite ainsi les autorités à réduire drastiquement le train de vie de l’État, évoquant notamment le nombre d’agences publiques et certaines dépenses institutionnelles. « Un gouvernement qui arrive et qui préconise des ruptures doit être dans l’exemplarité », soutient-il.

Pour les deux acteurs de la société civile, le débat autour de la hausse du carburant dépasse donc la seule question des prix à la pompe. Il pose celle du partage de l’effort national, dans un contexte où les ménages font déjà face à une érosion de leur pouvoir d’achat.

Mamadou Nancy Fall
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