Apocalypse Now : le givre des consciences … Par Khady Gadiaga

Quelle est cette aphonie des nations, ce silence de plomb coulé dans la gorge des hommes ?

‎Tandis que les garants du monde, ivres d’une paix de façade, contemplent la folie qui s’abreuve à sa propre source.

‎Sous le ciel d’Israël, de Gaza, du Vénézuela, d’Iran, la mort n’a plus de patrie : elle est une pluie d’acier, une semence d’ombre tombant sur l’innocence et le bastion, fauchant sans distinction le souffle et la pierre.

‎Voici le temps des générations fracturées.

‎Des lignées entières s’effacent dans le fracas d’une déflagration, laissant derrière elles des orphelins dont le regard est un abîme sans fond.

‎Le malheur, ce lourd héritage, voyagera dans le sang des survivants, propageant le deuil comme une peste invisible à travers les siècles.

‎Regardez : les enfants ne jouent plus à la vie ; ils miment le trépas entre deux charniers, au creux des décombres qui sont désormais leur seul horizon.

‎Mais ce chaos est insatiable. Il guette l’étincelle finale, celle qui embrasera la lisière du monde pour nous précipiter dans le brasier d’une guerre absolue.

‎Les horreurs du siècle passé, ces plaies encore béantes, ne furent donc que des préludes ignorés ?

‎Une tornade de givre a figé la conscience humaine, pétrifiant les leçons d’hier et scellant les lèvres qui savaient encore dire « l’autre ».

‎La violence n’est plus un accident, elle est une liturgie. On l’élève au rang de sacrement, on la communie dans la haine, on la légitime par le nombre. Elle est devenue Légion.

‎Et sur ce théâtre de cendres, les marchands de destinées — ces mercenaires du verbe — font leur gagne-pain de nos agonies.

‎Le monde oscille, funambule aveugle, prêt à s’effondrer pour satisfaire l’orgueil d’une poignée d’ombres tirant les fils d’un jeu macabre.

‎Tout cela pour un lambeau de terre, un héritage de sable et de songes anciens, où l’on invoque un Dieu unique pour justifier des haines multiples.

‎Où est le Divin dans cette géhenne ?

‎S’est-Il retiré dans un silence de marbre, las de voir l’artisan de sa propre chute ?

‎L’homme, ce souverain déchu, a usé de son libre arbitre pour forger ses propres chaînes et sculpter sa propre ruine.

‎Nous voici au règne de la barbarie lucide, au nouveau paradigme du néant.

‎Pourtant, sous la cendre, bat encore un pouls.

‎Il reste l’ultime sursaut, le refus sacré des esprits debout.

‎Il est encore l’heure de briser les idoles de fer, de renverser l’ordre des têtes brûlées et de réinventer, sur les ruines de nos erreurs, le miracle pur de la vie.

KG

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